Le Petit Chamois : la gazette des Chamois Niortais

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    L'équipe du Petit Chamois Saison V :
    Baptiste
    Le Chroniqueur
    David (12-14 Niort)

    Crédit photo
    MARIE DELAGE



    AVANT-MATCH NIMES – CHAMOIS : PEAU DE CHAMOIS OU PEAU DE CROCO ?

    Dans la maison familiale, le grenier sous les ardoises ressemble à un véritable capharnaüm et regorge de petits trésors sur le foot. Au centre de la pièce, sous un halo de lumière, une vieille malle qui a traversé l’Atlantique et la Méditerranée, témoignage d’un goût immodéré d’aventure porté par de lointains ancêtres. A l’intérieur, quelques souvenirs de voyage de mes aïeux : une plaque américaine en provenance de Houston, un cendrier en terre cuite ramené de Tunis, un vieux plan de Bamako, un cigare à moitié consommé sans doute de mauvaise qualité. Sur le côté, des archives de foot beaucoup plus contemporaines, nombreuses mais disparates que je ressors de temps en temps pour faire un plongeon dans l’histoire, celle qui s’écrit davantage dans des articles, des portraits que dans des tomes : des piles de magazines sportifs méticuleusement classés, une photo d’Alain Giresse au scapulaire avec une dédicace au dos « souvenir de gala de foot, sportivement, AG », un poster délicatement plié dans la nouvelle maquette de France Football …d’un numéro de 1980. Peu de chance de tomber sur des Chamois à cette époque. Ça se saurait. Sa place serait ailleurs, loin d’un endroit inhabité et poussiéreux. A l’ouverture, pas de surprise. Une équipe inconnue ou presque, sans vrais noms mais des tenues rouges et blanches qui attirent le regard, remarquées pour son sponsor qui s’affiche en grosses lettres, Kindy Chaussettes. Ce temps-là prête à sourire. Le grand black tout à droite sur la photo de groupe qui s’appelle Marguerite n’a vraiment rien d’une fleur. Les autres aussi d’ailleurs. Pas très hospitaliers en définitive ces crocos. J’espère simplement que ceux qui vont croiser la route des chamois ce vendredi seront plus accueillants. Déjà le 10ème match de la saison. On ne voit pas le temps passer. Niort se déplace à Nîmes dans un nouveau duel d’outsiders, de favoris, de prétendants… J’sais plus quels qualificatifs employer désormais dans mes billets. Gastien se la joue à la Guy Roux dans les interviews. Coué pose les pierres une à une comme autant de matchs différents à aborder. Le forum juste à côté se partage entre grands optimistes et petits prudents sur le proche avenir bleu et blanc. Et les chamois sont deuxièmes après deux bons mois de compétition. Finalement, je choisis la méthode Coué des pierres posées les unes après les autres, match après match, avec un œil sur le rétroviseur, mon code de bonne conduite !


    Les Costières pour un bon cru ?


    Les niortais ont rendez-vous aux Costières, dans la seconde « arène nîmoise », hors la ville, au sud, plantée sur un plateau caillouteux, terre promise de vin. A vrai dire, les années 80 ont bousculé le secteur. Le vignoble de Costières récupère une AOC en 1986 après des siècles d’exploitation et de production qui remontent au Moyen-Age. Le stade quant à lui, se trouve dans les cartons de la municipalité Bousquet. Vittorio Gregotti en trace les contours à la mode génoise du Luigi-Ferraris : alliance du béton et du métal sur façades et charpentes, complexe à l’anglaise rapprochant public et joueurs, salles aux 4 angles donnant au stade un aspect plus compact. La première pierre est posée en 1987. La livraison a lieu deux ans après en février 1989 lors d’un match de gala qui oppose France et Pays-Bas, subtil mélange entre Costières de Nîmes et fromage de Hollande. Sic. Exit le glorieux stade Jean Bouin de la rue du Pitot Prolongée qui accueillait depuis plus de 50 ans les rouges et blancs dans le Nîmes intra-muros. Le public formait souvent une montagne humaine pour y voir ses crocodiles, Petit Provençal en mains. Et oui, le confort chasse parfois le pittoresque. De la route des vacances, on aperçoit les installations nichées dans la garrigue ou du moins ce qu’il reste en végétation. Un stade et un terroir réunis sous une même entité. La municipalité ne s’est pas foulée. Pourtant, les joueurs qui se sont illustrés sous le maillot croco se comptent par dizaines : pêle-mêle, Firoud, Kabyle, Barlaguet, Akesbi le monsieur but maison qui présente des statistiques à tourner la tête, Rouvière, Dakowski pour les plus capés. Ce sera le stade des Costières, point barre. Pour la forme, on a quand même pris soin de baptiser les différentes tribunes du nom de personnages restés célèbres au club : au sud, la tribune Georges Pujolas, président du NO dans les années 30 ; au nord, la tribune principale Jean Chiariny, lui aussi président au plus long cours. Finalement, il a de la gueule ce stade. Vu de Niort, on a tous appris à être peu exigeants en la matière.


    Le parcours nîmois : digérer la Ligue 2 et appréhender le National


    Les Nîmois ont débuté leur championnat comme ils ont bouclé leur saison de Ligue 2. Très moche. Trois rencontres comme autant de défaites. La rétrogradation ressemble à une digestion difficile. Vannes, Fréjus et Rouen profitent de cette douloureuse transition. Le croco sans vie contemple encore son gâchis tout frais. Le recrutement gardois désastreux a miné tous les espoirs : les deux forces de frappe Moukandjo et Ayité quittent le navire en marche à la mi-saison. Avant eux, Mandrichi fait ses valises pour Grenoble dès l’automne. Quant à Cavalli junior, le fiston prend fait et cause pour son père limogé et claque derrière lui la porte des Costières. Niflore, Dieng et Diarrasouba ne sauront pas les faire oublier. Mercato déficient, stabilité précaire aussi. Nîmes ne s’en fait pas une spécialité, au contraire de la gardianne de taureau ou de la picholine. Equilibre et constance, des mots qui n’existent pas dans le vocabulaire nîmois : valse des entraineurs à la moyenne de 3 par an (Froger est le neuvième coach sous la patte de Gazeau depuis 2002 !), recrutement pléthorique de 30 joueurs en 3 saisons de ligue 2 (je vous laisse calculer la moyenne !) et arrivée comme un chien dans un jeu de quille de Goursat en 2007 sous l’étiquette de manager général avec des visées très prononcées sur le sportif. Ce projet de jeu qui ne peut être qu’incohérent conduit tout droit Nîmes au précipice. Comme le soulignait le Midi Libre au soir de la dernière journée de Ligue 2, un 30 mai dernier, reste maintenant à sortir de l’enfer du National. La dernière fois, ça avait pris six ans…

    Du coup, les premiers pas gardois en National n’étonnent finalement personne. Nîmes va cueillir son premier succès à l’extérieur au Red Star au bout d’un 4ème match, un soir de première journée « portes-ouvertes » à Saint-Ouen, puis enchaîne deux victoires contre d’autres promus, Martigues et Besançon. Le nul à Cherbourg est bonifié aux Costières par un succès significatif face au Paris FC. Et puis à Epinal, les crocos montrent les dents mais finissent par se les casser sur le bois vosgien (2-2). Un scénario écrit et réécrit taillé pour Epinal. Série nîmoise toujours en cours et saison vraiment lancée malgré tout.


    Indécision autour d’un duel « bestial »


    Comme je l’évoquais plus haut, sans véritablement trouver des mots appropriés, le match Nîmes – Niort prend des allures de petit sommet entre deux équipes bien taillées pour jouer les premiers rôles du championnat. Avec son départ en diesel et des points de retard accumulés lors des premières journées, les crocos jouent forcément plus gros à court terme : rattraper les équipes de tête et se mêler directement à la lutte. Les chamois font partie de ces têtes à abattre qui ne perdent rien en route et qui possèdent un wagon d’avance à l’heure actuelle. Et c’est bien là le problème. Seule une victoire locale permettrait de combler une partie de cette distance. Un autre résultat ferait de Nîmes un distancé. Pas simple. D’autant que les gardois ne se présentent pas dans les meilleures conditions. Les stigmates d’Epinal et un fair-play en traine-savates (Nîmes a le bonnet d’âne du classement !) ont mis l’équipe en vrac. Koné, le buteur maison, Corrèze, Niflore et Carlier regarderont leurs partenaires des tribunes en tenue de soirée. Les Chamois ne sont pas en reste. Gastien trop sanctionné, paie pour un match son indiscipline et Durak monte sur le billard pour prévenir une pubalgie naissante. Néanmoins, comme le titre aujourd’hui La Nouvelle République, les « Chamois restent d’attaque » avec ou sans Mustapha. Pas de quoi donc verser une larme pour les crocos.

    [ Le Chroniqueur ]