Le Petit Chamois : la gazette des Chamois Niortais

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    L'équipe du Petit Chamois Saison V :
    Baptiste
    Le Chroniqueur
    David (12-14 Niort)

    Crédit photo
    MARIE DELAGE



    UN ŒIL SUR MARTIGUES : LA BIO REVISITEE DE BIAKOLO LE MARTEGAU

    Le “Biak’” est de retour à Niort. Non mais pas pour compenser l’absence de Mustapha Durak, rassurez-vous ! J’y aurais mis une autre forme. Il revient au stade avec sa nouvelle équipe, qu’il n’a pas vraiment quittée depuis 2008, le FC Martigues. Que de chemins parcourus, Stéphane. Moi qui croyais que tu allais tout casser chez les chamois, 9 ans plus tôt, j’en reste encore sur ma faim. Dans l’univers du foot, ton nom ne dit pas grand-chose à grand monde, mais à Niort, on te connait bien, même si l’on ne te retrouve pas dans la liste des joueurs passés au club. En 2002, t’as posé ton balluchon en Deux-Sèvres. On se cherche une bonne pointure en attaque à l’époque, ton gabarit et ta carte de visite déjà bien garnie à 20 ans plaident en ta faveur et finissent par séduire Hinsch. Nous, supporters, on se prend même à rêver à notre nouveau goleador.

    Du repérage…à la botte de l’Italie

    Licence en poche depuis 5 ans et formé à l’entreprise Nicollin, ton club de cœur s’appelle Albi. Ta famille y vit tranquillement. Dans le quartier de Lapanouse, tu es connu comme le loup blanc et tu tapes facilement le cuir avec les minots du coin. Tu récupères tes premiers gallons en équipe de France des moins de 18 ans et tu as inscrit une quinzaine de buts au club. Suffisant pour intéresser les grands d’Europe. Une délégation italienne de l’Inter de Milan débarque dans le Tarn et bouscule brutalement ta jeune vie de footballeur. Un premier contrat pro de 5 ans dans le Grand Inter des Ronaldo, Vieri, Laurent Blanc et Hakan Sukur. Contrat en mains délicatement protégé par une feuille de plastique transparent, tu as du mal à y croire. L’illustre Lippi, les images panini collectionnées par les gamins de ton p’tit quartier populaire où tu pourrais figurer, les supporters italiens agités, la cotoletta alla milanese…Tout se mélange dans ta tête. Tu ne sais rien de ton club mais ton nouveau club sait tout de toi. « Si on réfléchit trop, on ne va pas là-bas », confie-tu à vif, à la Dépêche du Midi. Tu saisis la même opportunité que tous ces mioches du foot, embarqués pour une bouchée de pain puis vendus au prix fort ou bien loués à d’autres clubs. Sauf que l’avenir ne te fait pas peur. Pas plus que le spectre du miroir aux alouettes. On connait la chanson. A 18 ans, j’ai quitté ma province, bien décidé à empoigner la vie, le cœur léger, et le bagage mince, j’étais certain de conquérir Milan. Chez le tailleur, le plus chic, j’ai fait faire, ce complet bleu et noir, qu’était du dernier cri…etc., etc. A cette époque, tu as dû penser naïvement à ce refrain populaire recomposé pour la circonstance. Mais qui n’y aurait pas cru, franchement ? A Milan, tu as finalement pris goût aux escalopes et à la pasta fraîche. Tu évolues en réserve et tu y marques 7 buts en 27 matchs. Clairement insuffisant, même pour figurer sur un banc de touche.

    La grande vadrouille

    La dolce vita tourne court et on t’envoie dans un championnat belge moins huppé, chez les zèbres, au Sporting de Charleroi de Scifo. On est en 2001 et tu portes un numéro 13… Peur ? Bonheur ? Leurre ? Les belges t’accueillent très bien. Un match et un superbe but de la tête en apéro, c’est vraiment bon. Tu as l’art de séduire. Le reste ne sera pourtant que banquette. Même la Jupiler Pro League se refuse à toi. Derrière la carte de visite, les stats sonnent creux. Dans un coin de la France, on a pourtant suivi ta progression. A Niort, l’air du marais guérit les attaquants malchanceux qui portent des numéros 13. Retour en France chez les chamois. Ici pas de paillettes, pas de médiatisation à gogo, pas de supporters survoltés. Une ambiance feutrée de spectateurs dans un stade en décrépitude. L’endroit idéal pour se soigner et rebondir en douceur. En s’organisant bien, tu pourras même faire des aller-retours plus fréquents vers Albi afin de revoir ceux qui t’ont quitté en larmes deux ans auparavant. En deux saisons, Stéphane marque 15 buts dont 11 pour la seconde. Pas de quoi tutoyer des performances à la manière d’un Diallo ou d’un Fauré. Pourtant à Niort, après des flops de recrutement en pagaille, on se place déjà dans la définition d’un buteur. Les chamois s’affichent dans le 1er tiers du classement de Ligue 2. Puis c’est 2004, une année de mauvais cru pour Niort, l’année de trop pour Biako. Emporté par une lame de fond en National, tu n’y résisteras pas. Le Havre devient ton nouveau port d’attache. Mais Uvenard a vite fait le tour de ton potentiel sur 11 petits matchs et aucun but au compteur. C’est donc amer que tu reprends ton balluchon pour les routes de France. Une petite douceur angevine sur 24 matchs (1 but) puis un tango endiablé avec ton ami Phiphi que tu retrouves comme au premier jour sur les bords de la Mayenne…avant le grand plongeon dans la turpitude de ses eaux. On n’affiche plus ton nom dans les feuilles de match. Toi qui voulais faire la Une de la presse, te voilà cantonné à la seconde de couverture dans la rubrique des faits divers. De club en club et de sursis en sursis, ton parcours s’est arrêté brusquement un mercredi sur une route de campagne de Mayenne. Sans assurance, sans carte grise, avec un permis de conduire sans point, Stéphane a joué les prolongations et a perdu aux tirs au but. Ton nom s’étale dans la presse et sur les forums, pour rejoindre la case prison et se retrouver à poil. Tu y passeras finalement 3 mois. Ça donne de quoi réfléchir. Le miroir de Milan était bien destiné aux alouettes. Derrière les barreaux, tu repenses à tes saisons en rêvant d’un nouveau printemps.

    Le rebond du repenti : Martigues, une ville pour ma vie !

    Pour reprendre goût à la vie, Stéphane le repenti rejoint Albi. 10 ans plus tard, le bercail est toujours à la même place, le stade Maurice-Rigaud aussi. On ne t’a pas déroulé le tapis rouge mais une bonne place t’attend dans le vestiaire albigeois. Aujourd’hui, à 29 ans, tu évolues sous les couleurs du FC Martigues, en père peinard du National. Récemment, tout le monde t’a revu à la télé contre le PSG. C’était la coupe et t’as marqué ton but.


    Tu sais, c’est vraiment dommage que tu sois parti si vite hors de France. A l’époque de ton premier contrat pro, tu disais qu’intégrer une équipe en France te prendrait trop de temps. Tu préférais l’Italie à Albi. Avec des si…En tout cas, ton drôle de parcours en l’espace de si peu de temps m’a pris des centaines de mots et le contenu d’un billet. Bienvenue à Niort, bienvenue dans le département des Deux-Sèvres, Stéphane. Tu vois, ici, rien n’a changé au niveau de l’environnement. On tient les mêmes discours pour les présentations de matchs. On nous a juste recouvert les pesages. Mais on a tout reconstruit dans nos têtes en n’oubliant jamais nos ex-chamois.


    [ Le Chroniqueur ]