Ce billet n’est ni un exutoire, ni un règlement de compte. Simplement une envie de ne plus être langue de bois car il n’y a plus de raison de l’être, une envie de dire ce que l’on a sur le coeur.
Mon club est mort d’une lente agonie, pas d’une attaque cardiaque et si je dois en vouloir aux gens qui ont permis cela c’est de n’avoir pas pu ou pas voulu corriger le tir.
Oui c’est exactement cela : mon club est mort de n’avoir jamais su se remettre en question, de n’avoir jamais su être humble et admettre qu’il fallait changer les choses.
Il est mort également d’avoir placé en permanence des hommes compétents à des postes où ils ne l’étaient pas et que chacun ait voulu sauver sa peau, renforcer son influence au lieu de voir l’intérêt du club lui-même.
Ces gens sont aujourd’hui à la tête d’une ruine.
Les responsables ?
Les joueurs en premier lieu.
Entre les “anciens” démissionnaires (Fisher annonçant dès le début de saison qu’il ne voulait pas être un leader) et les “jeunes” du centre de formation ayant déjà une mentalité de mercenaire, tout le monde s’est bien foutu de l’esprit club et de son avenir.
Le coach.
Il n’a visiblement jamais été en mesure d’être l’homme de la situation, même s’il a essayé. Maladroit dans son coaching, incapable de redresser une barre pourtant très vite mal barrée, Denis Troch s’est retrouvé la tête dans le sac.
La cellule de recrutement.
La blague ! C’est une erreur qui ne pardonne pas : rater à ce point son recrutement quand on sort d’une relégation mentalement désastreuse, c’est plomber son avenir. Dodzi Eklu est un homme fidèle, compétent, toujours dévoué pour son club. Il n’était juste pas à la bonne place.
Le centre de formation.
Il est encore plus dur de faire un constat négatif sur une des plus grandes fierté footbalistique niortaise. Le centre de formation est depuis toujours un joyau que l’on chérit, à raison. Pourtant c’est par son biais que le club a commencé à sombrer.
Un club comme Niort, doté (en Ligue 2) de moyens modestes aurait DU avoir des neo-pros compétitifs années après années. Au lieu de cela, nous avons eu 20 Stéphane Robinet pour un maigre Christophe Jallet.
L’idée n’est pas de pointer du doigt un bouc émissaire car la faute en incombe autant aux dirigeants de centre (Pascal Gastien et Laurent Cadu) qu’aux entraineurs successifs.
Mais comment se satisfaire d’une aussi piètre liaison jeunes - groupe pro ? Comment a-t-on pu laisser faire ça ? Voir le centre se développer de son côté, presque en indépendant, se féliciter de faire des bons résultats en Gambardella tandis que le groupe pro mourrait à petit feu ?
Les dirigeants.
Il s’agit de mon grief le plus grand car le sommet de la pyramide est celui qui donne l’impulsion.
La dégringolade a commencé avec la rupture Marcos. La faute, à cette époque, à un Président Prevost trop passionné, au sang trop chaud pour permettre à un égo comparable au sien de cohabiter avec lui.
La chance a voulu qu’un certain Faruk permette à Niort d’entrevoir à nouveau un coin de ciel bleu. Deuxième erreur et celle-ci fut funeste !
Faruk avait besoin de la solidarité du club autour de lui, de sentir qu’on lui laissait les clés. Malgré l’envie d’un Prevost ou d’un Coué à ce sujet, jamais le club dans son ensemble (David Ducci à l’époque ou Pascal Gastien pour la partie formation) ne lui donnèrent l’impression qu’il aurait les mains libres. Cette défiance, l’impression qu’il ne pourrait pas changer les choses et qu’il allait ramer à contre-courant l’a amené à choisir le bon air de Dijon. Avec les conséquences qui ont suivi.
Il y eut ensuite la guerre fratricide Prevost - Coué, résultante presque logique de problèmes larvés et générés par les mauvais résultats. Et il est une fois de plus pénible de constater qu’au lieu de jouer l’apaisement d’essayer de tirer dans un sens commun et bénéfique pour le club, chacun y alla de son égo. Saviez-vous que le profond désaccord qui a nourri le divorce Prevost - Coué fut celui portant sur le site web officiel du club et l’équipe d’Eric Mazet ? Avec un peu de recul et de jugeote, comment a-t-on pu laisser cet élément si superficiel et franchement ridicule (comparativement aux éléments sportifs par exemple) amener notre direction bicéphale à la rupture ?
Plus récemment la nomination d’Alain Perlade finit d’acter une longue série de mauvais choix. Si Alain est sans aucun doute un excellent comptable il n’a absolument pas le charisme d’un président. Pas de crédibilité pour taper du poing dans les vestiaires, pas de légitimité pour bouger les choses quand le sportif est à la dérive. Et la vidéo du site officiel où chacun y allait de sa tape amicale dans le dos “tous les voyants sont au vert” est apparue absolument ridicule. Encore une fois une bonne personne mais pas à la bonne place.
Je sais bien qu’Alain Perlade s’est retrouvé président sans vraiment en avoir eu le choix. Mais il aurait mieux valu que Joël Coué assume lui-même les conséquences du départ de Jacques Prevost ou qu’on laisse enfin entrer des gens neufs dans la SAOS.
Les collectivités.
Les collectivités complètent ce tableau de ratés. Passé leur soutien au centre de formation, elles n’ont jamais pris la mesure de l’élan dont le club avait besoin. Malgré les demandes repetées des dirigeants leur demandant des signes forts, le club a attendu en vain d’être soutenu, l’impression d’être poussé par une ville, par une région n’est jamais venue.
Pire, à l’époque où les Chamois flirtaient avec la L1, rendant presque obligatoire des travaux de stade, la mairie avait presque été soulagée de voir les Chamois rester en L2.
Pas étonnant alors que lors de notre dernière saison en L2, Genevieve Gaillard, nouveau maire de Niort, ait tout simplement dynamité les Chamois en annonçant publiquement l’abandon du projet stade quelques jours après une déclaration officielle de Jacques Prevost sur les besoins vitaux du club en terme d’infrastructures et à la veille d’un match capital qui devait être disputé par nos couleurs.
On aurait voulu faire dégringoler les Chamois (consciemment ou inconsciemment) on ne s’y serait pas mieux pris.
OK.
Passé ce constat détaillé que ce soit clair, je ne remets nullement en cause l’engagement, la volonté, le dévouement et l’amour du club d’un Pascal Gastien ou d’un Joël Coué.
Nous parlons de compétences, pas d’intention de nuire.
Je ne suis personne pour juger de qui fait bien ou qui fait mal.
Surtout avec mon statut de simple supporter, exilé qui plus est.
En revanche, je suis comme tout le monde, capable de constater que le club a tout fait de travers pour en être aujourd’hui arrivé là.
Et demain ?
C’est la dernière question qui me taraude et c’est LA question qui a fait que j’ai décidé d’écrire ce billet.
Pourquoi ?
Je m’explique.
Après avoir pointé du doigt le manque de modernisation et de sang neuf qui a tué notre club, après avoir vu l’immobilisme du ‘chacun pour soi’ ayant conduit à cela, qu’est-ce que j’entends ?
Que les dirigeants demandent aujourd’hui aux sponsors et aux collectivités de leur faire confiance. De leur permettre de rebondir en CFA.
SANS RIEN CHANGER, comme si de rien n’était.
Aucune remise en cause.
C’est proprement incroyable.
Je suis choqué par les déclarations qui ont pu être faites, choqué de voir que même dans les conditions d’un échec retentissant, personne ne semble prendre responsabilité de cet énorme gâchis.
Alors c’est ça, on demande aux sponsors et à la mairie de cracher au bassinet et on repart en CFA comme on était en National ? Un petit plan social et tout va bien ?
Quand allons nous apprendre ?
Quand allons nous ENFIN nous réveiller ?
Il faut CHANGER LES CHOSES. Liquider la SAOS si c’est le seul moyen mais apporter enfin du sang neuf dans ce club ! Balayez moi toute cette purée de mogettes et rebâtissons.
Faites entrer de nouveaux actionnaires, renouveler les gens de bonnes volontés, OUVREZ le club !
Voici des proposions de pistes claires :
- Trouver un vrai Président
Quelqu’un de charismatique, NOUVEAU (détaché des récentes guerres intestines) et capable d’avoir une vraie vision passionnée à moyen terme.
- Trouver un vrai coach et lui faire confiance
Quelqu’un qui travaillera à l’anglaise, comme un manager. Capable de faire lui-même (et d’assumer) son recrutement, d’avoir également une vision ou une philosophie du jeu qu’il veut voir pratiquer par son club.
- Changer le fonctionnement du centre de formation (même si il devient une école technique privée)
Fini les égos se félicitant d’avoir un jeune sélectionné en équipe de France, il faut avoir un centre de formation AU SERVICE de l’équipe première et pas “à côté”. Il sera bien temps de se féliciter lorsque nos jeunes seront des titulaires en puissance du National et de Ligue 2. Le coach de l’équipe fanion doit pouvoir imposer ses choix sur la formation. Choix tactiques comme choix sportifs (pour former les jeunes a des postes spécifiques dont l’équipe a besoin par exemple).
- Faire appel aux anciens Chamois (Karim Fradin, Franck Azzopardi, Bertrand Piton, etc.) et en rappeler d’autres pour rebâtir l’esprit club.
Mobilisons les gens qui aiment les Chamois et qui ont l’expérience du foot. Ne pas hésiter à leur donner des rôles importants et pas seulement des rôles de stagiaires faire valoir.
Avec cette descente en CFA nous sommes morts mais si nous voulons renaitre un jour et que ce jour arrive vite, ce sera évolue ou crève. Alain Perlade, Joël Coué, ne ratez pas ce train là.
Nous pouvons re-devenir un club d’avenir.
[ Baptiste ]