Le Petit Chamois : la gazette des Chamois Niortais

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    L'équipe du Petit Chamois Saison V :
    Baptiste
    Le Chroniqueur
    David (12-14 Niort)

    Crédit photo
    MARIE DELAGE



    EPINAL – CHAMOIS : LES IMAGES D’EPINAL A LA TELE

    Les Chamois n’aiment pas la télé

    On le sait depuis des semaines. Niort et Epinal vont passer ce dimanche après-midi à la télé. Ça n’émeut pas «  Cruchot », notre fidèle et irréductible voyageur qui n’a que faire des programmes du petit écran. Il prendra la route des Vosges revêtu du maillot chamois, pour son « live » qu’il goûte pleinement lors de chacune de ses pérégrinations. Comme d’habitude.


    Pour les autres en revanche, l’évènement est plus inhabituel. Niort à la télé, cela devient aussi rare que le chien komondor ou le requin lutin. Encore plus à l’extérieur. J’offre d’ailleurs une mousse à celui qui me donnera sous 24 heures le dernier match télévisé de Niort hors de ses bases. Que les amoureux du Tuteur ou de Chabada soient indulgents et compréhensifs, leur programme favori reviendra très vite occuper leur grille d’après-midi dominical. Place au foot.


    En choisissant ce match, France 3 propose une confrontation entre deux équipes tournées vers l’offensive. Epinal et Niort ont en commun avec le bleu de leur short de posséder les meilleures attaques du championnat. 30 buts pour les vosgiens, 26 pour les deux-sévriens. Le duel entre le leader et le 3ème à un petit point seule soulève toutes les promesses. Reste à voir ce que cela va donner sur les coups de 15h00, ce dimanche.


    Seulement voilà, à part un maître coup à l’extérieur arraché chez les Havrais sous odeur de Ligue 2 dont je me souviens très bien et qui m’a valu 3 jours d’immobilisation pour une manifestation débordante de joie, le Niort de la télé n’a jamais vraiment rapporté beaucoup de points. Faut-il y voir un syndrome ou une malédiction ? Un chat noir aurait-il élu domicile dans le petit écran à chaque rencontre des chamois ? Des joueurs seraient-ils passés sous une échelle sans y prêter attention ? Je n’ai pas de statistiques sous la main mais le butin est à coup sûr assez maigre. Dimanche, il sera temps de briser le signe indien et de toucher du bois pour le reste de la saison. Au pays des massifs forestiers, ça devrait le faire !

    Le SAS : une histoire en dents de scie…à bois

    Epinal non plus ne passe pas souvent à la télé. Et lorsqu’on en parle, c’est plutôt pour évoquer des  drames loin des terrains de football. L’affaire Grégory, le violeur de poules, la bête des Vosges, le sanglier radioactif, le loup de Senonges, l’assassinat sans cadavre, la tempête de 1999, les sur irradiés de l’hôpital Jean Monnet. Pourtant, les Vosges c’est joli et il y a pleins de choses à voir et à manger. Son écomusée de l’image (les célèbres images d’Epinal !), ses deux places fortes rive gauche et rive droite de Moselle qui arrose la ville, le jardin des 5 sens dont le nom prête à sourire à côté d’une maison retraite, le géromé ou la cramoillotte (un truc à base de pissenlits qu’on étale sur les tartines) qui s’affichent sur les marchés et ce bois qui se décline partout autour de la ville, véhiculant contes et légendes.


    J’ai un copain qui a tourné le dos à notre Marais Poitevin pour s’installer professionnellement dans le 88 du côté des »ballons ». Il m’en vente souvent les attraits. Pas footeux pour un sou et me regardant d’un drôle d’œil devant sa webcam lorsque j’ai évoqué dernièrement le SAS, il m’a quand même parlé de la Colombière, le stade historique des jaunes et bleus où les caméras seront braquées ce week-end. Une enceinte vieille de 45 ans avec ses fameux rondelins, les gradins installés derrière les buts dans les virages.


    En 1967, le SAS évoluait en DH. Pour l’inauguration en grandes pompes, on a fait venir le gratin de la Division 1, une affiche, un certain Lyon-Sedan. Les gens étaient venus nombreux et ils ont vu 3 buts (victoire lyonnaise 2-1). Les spinaliens ont pris ensuite possession des lieux pour s’adjuger leur première victoire dans leur nouvel écrin. Le derby n’est pas tombé dans l’eau vitteloise et est revenu aux locaux. Pour l’occasion, on transforme l’eau en champagne. L’histoire est en marche. Une poignée d’années plus tard, les boutons d’or (je n’ai rien inventé hein, c’est comme ça qu’ils se prénomment !) franchissent les divisions et se retrouvent en D2. 1974, un très bon cru. Ils y restent 5 saisons.


    Deux autres épisodes suivront par la suite : 3 années de 1990 à 1993 puis 2 autres saisons de 1995 à 1997. Ces années 90 nous sont plus familières. C’est l’époque des Manac’h, Didaux, Di Rocco, Petitjean, Branger, sans oublier nos deux anciens chamois exilés, Algerino et Ouadah passés dans le coin. Le SAS luttera péniblement pour sa survie sur chaque exercice avant de plonger carrément en 1997, année de deuil et de remise à zéro du SAS. 5 longues années d’errance avec un retour timide en CFA 2 en 2003. Le club assure ses arrières et se maintient tranquillement à cet échelon. On est loin de l’âge d’or de la D2 et des exploits en Coupe de France contre l’OM devant un parterre de supporters tous grimés aux couleurs de leurs héros. Par le chemin du petit chaperon rouge, via les quartiers du faubourg d’Ambrail, la foule arrivant des 4 coins des Vosges s’est massée à la Colombière. Une soirée formidable comme le foot sait nous en offrir par moment. Tout comme celle pour se sauver des entrailles de la D2 dans un match à guichets fermés face au stade poitevin, la rencontre de la saison. Depuis l’an dernier on a recommencé à parler de la Lorraine et de sa terre d’élection du foot à travers Epinal. Une saison bien négociée en CFA comme dauphin de Besançon et un grand merci à Grenoble offrant son siège de National à la jeune troupe de Tissot.

    Deux figures de style vosgien au chevet du SAS

    Raconter le foot spinalien, c’est aussi se souvenir des hommes qui ont marqué de leur sceau le club de façon parfois diverse : celle d’un professionnel joueur et entraîneur et celle d’un passionné de l’extérieur. Derrière le pro, se cache Pierre Pleimelding, fils et frère de footballeur, révélé au LOSC. « Ploum » à la tignasse longue et blonde a fini sa carrière à Epinal en 1986. Comme entraineur, le grand blond aux chaussures noires reste 8 ans. En 1990, il obtient son premier succès en faisant monter le club. Il parvient même à assurer le maintien en D2 pendant 3 ans. Mais comme pour beaucoup de club, le passage à la super D2 en 1993, laisse Epinal sur le carreau… Fin de l’aventure vosgienne.


    Celle aussi du passionné de l’extérieur Philippe Séguin, ancien député-maire des Vosges, le SAS au cœur et lâché par ce même cœur un jour de 2010, glissant facilement une allusion sympathique sur son club et sur sa ville à chaque fois qu’on lui en offrait l’occasion. Dans la grande tribune de la Colombière, difficile de passer à côté de sa présence. L’homme venait en passionné comme vous et moi, lâchant son écharpe tricolore pour la jaune et bleu du SAS, à grand élan de poignée de mains tout autour de lui. Aujourd’hui, il reste une plaque commémorative gravé dans le granit des Vosges et une rue qui porte son nom. Epinal lui doit bien ça.

    Les spinaliens dans le bon train

    Au tiers de la saison, les spinaliens ont déjà fait honneur à leur championnat. Derrière cette place actuelle de leader aussi surprenante puisse-t-elle paraître, se cache un parcours généreux et atypique. Les boutons d’or appuient là où ça fait mal, dans le money time, là où chacun de ses adversaires a cru tenir le bon bout. Une poignée de secondes, les arrêts de jeu. Epinal, c’est la malédiction du pronostiqueur, le chantre du combattant qui lutte ardemment jusqu’au coup de sifflet final sans arrière-pensée. La générosité incarnée du dernier souffle. Et ça marche. Une partie des points du leader tienne aujourd’hui à ces retournements de matchs qui ont fini par s’offrir aux vaillants bûcherons vosgiens toujours d’attaque.


    Même si les spinaliens sont rentrés progressivement dans le rang depuis leur manche de tennis (un sport où ils demeurent perfectibles) à Charléty face au Paris FC, ils gardent de beaux restes. Derrière le médiatique Asbabou qui affole le classement des buteurs et le très régulier Chouleur, les vosgiens ont de l’argumentation.


    Niort s’attend à une bonne opposition et à la ferveur populaire de la Colombière malgré la retransmission TV du match, véritable tentation pour les pantouflards. Il est simplement dommage que les Chamois ne partent pas à l’assaut des Vosges avec toutes leurs armes. Après Durak, Letzelter et Sankharé, Konaté vient grossir les bancs de l’infirmerie pour une durée calculée en indéterminée. Un dernier mot qui inquiète. Les retours conjugués de Glombard (blessé) de Gonzalez et de Roye (protégés et mis au repos en coupe) redonnent néanmoins un peu le sourire. Et si les chamois s’offraient la passe de trois à l’extérieur, après Créteil et Cherbourg, devant les grâces du petit écran ? Ce serait « sensas » (sans SAS) pour leur image à l’extérieur…et à la télé.

    [ Le Chroniqueur ]