
Les chamois retrouvent leur championnat ce week-end et accueillent Bayonne à René Gaillard qui ne demande qu’à vibrer au son de la victoire. Il en va d’une place sur le podium à défendre, et voir plus haut qui sait, en cas d’un coup d’arrêt d’Epinal sur ses terres face aux orléanais jamais faciles à manœuvrer.
Les Bayonnais sont mal en points mais remontent la pente au fil des matchs. Battre le leader spinalien n’avait rien d’une partie de plaisir. L’Aviron l’a pourtant fait et retrouve du coup de l’espoir et des eaux moins turpides pour la suite de son championnat.
L’Aviron bayonnais : un porteur de destin pour les chamois
Mardi 30 septembre 2008. Niort rend visite à Bayonne pour la 6ème journée de National. La saison a plutôt mal commencée pour les chamois. La confiance règne malgré tout dans le bus qui traverse les Landes pour rejoindre le pays basque. A 22h00, Troch fait ses comptes. Une défaite 1-0 sur un but de Choplin. Niort rentre bredouille et n’a encore rien montré. Simple accident de parcours à l’extérieur. A cet instant, personne ne devine encore la suite de la saison noire des chamois. Pourtant, le match retour quelques mois après ressemble à une bien drôle de finale. Un duel à 6 points pour sauver sa peau pour les chamois. Une rencontre de la dernière chance pour ne pas sombrer du côté de l’Aviron. Il n’y a malheureusement pas de place pour les deux équipes en National. Niort a gagné pour du beurre ce soir-là, l’une de ses 9 victoires de la saison. Quelques semaines après, le couperet tombe : Niort descend en CFA. Troch n’a pu friser très longtemps sa moustache. Et Gastien, le courageux repreneur d’une équipe en faillite a dû se creuser les méninges pour ramasser des miettes. L’histoire a déroulé son grand roman.
Samedi 22 janvier 2011. Niort rend visite à Bayonne pour la 23ème journée de National. La saison a plutôt bien commencée pour les chamois qui pointent 8ème. Bayonne sait déjà que son championnat sera compliqué et avance en guerrier match après match. A 22h00, Gastien fait ses comptes. Une défaite 2-1 sur un doublé de Soubervie. Niort rentre bredouille et n’a pas montré grand-chose hormis une domination territoriale stérile en 1ère mi-temps. Simple accident de parcours à l’extérieur. A cet instant, chacun pense que le podium pour remonter en Ligue 2 est encore jouable. Niort finit en roue libre à la 13ème place sans jamais avoir pu retrouver son niveau de l’été et de l’automne. Bayonne n’échappera pas malgré son courage à une maudite 17ème place. Un chiffre qui parle aux chamois.
Samedi 26 novembre 2011. Niort reçoit Bayonne pour le compte de la 16ème journée de National. La saison a plutôt bien commencée pour les chamois qui pointent 2ème. Bayonne sait déjà que son championnat sera compliqué et avance en guerrier match après match. A 20h00, Gastien fera ses comptes.
Deux faits d’histoire et une place à part pour Bayonne dans le cœur des niortais. Un porteur de destin sans lendemain. Un mauvais déclic. A l’issue de chaque duel entre Niort et Bayonne, le parcours change brusquement de trajectoire et le chemin calme devient rebondissant. Devrons-nous un jour écrire un troisième fait d’histoire similaire entre Chamois et Bayonnais ? Rendez-vous avec Gastien pour faire les comptes…
Mais l’histoire retient aussi qu’à Niort, dans le marais poitevin, l’Aviron a toujours connu des avaries, une casse de rame ou une défaillance de pilotes : 4-0 en 2010, 1-0 en 2009, 2-0 en 2005. Ce choc des extrêmes sur le papier peut lui aussi écrire un 4ème refrain.
L’Aviron, pour la petite histoire
Aviron par-ci, Aviron par là. Le Pays Basque, une terre d’élection pour le double de pointe ou le 8 avec barreur ? Pas vraiment. En 1904 pourtant, quelques bons copains fans de la discipline créent un club baptisé dans l’eau de la Nive du nom d’Aviron bayonnais. Les gars en ont marre de ramer dans la base nautique. Le problème, c’est l’hiver. Pas question de mettre un orteil dans l’eau. Du coup, la bizarrerie les pousse à s’inscrire au club de rugby local pour s’occuper en morte saison. Le club omnisport délivre ses fondations. La section rugby (1907) puis la section foot (1930) s’intègrent à l’Aviron bayonnais. L’Aviron s’est construit sur une alliance, un peu comme aujourd’hui lorsqu’ovalie et ballon rond roulent ensemble aux 4 coins de Bayonne, à Deschamps et à Dauger. Demain, côté niortais, on verrait d’un bon œil une victoire du rugby bayonnais, et une petite défaite de son voisin du foot.
[ Le Chroniqueur ]