Le Petit Chamois : la gazette des Chamois Niortais

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    L'équipe du Petit Chamois Saison V :
    Baptiste
    Le Chroniqueur
    David (12-14 Niort)

    Crédit photo
    MARIE DELAGE



    ORLEANS - CHAMOIS : UN LEADERSHIP A DEFENDRE

    Il y a des soirs où tout sourit, des soirs dont on ne voudrait pas voir le bout, des soirs où l’on aimerait disposer d’une pause sur l’histoire du temps qui court. Assurément, ce soir du 26 novembre où Niort a planté ses 4 belles banderilles sur le dos de Bayonne, dans son arène de René Gaillard, se classe dans la catégorie des moments forts d’une saison. Les deux mi-temps ont été passionnantes, le début de la 3ème aussi, à l’heure des « salutations ». A grands coups de feu d’artifice offensif, les chamois se sont mis aisément en poche le public depuis 9 sorties maison, à peine écornées par une défaite non capitale face au Paris FC. Jeu et buts, les deux ingrédients majeurs pour séduire et attirer du monde. Personne ne s’y trompe, surtout après des années de disette. Ce 26 novembre n’a donc pas dérogé à la règle, à quelques signes près. Mon voisin du dessus est sorti de son mutisme et de son verbe d’exigence pour enfin saluer le travail des chamois en brandissant son écharpe bleu et blanche. Les Chamois eux-mêmes, un tantinet discrets et peu démonstratifs dans le registre des remerciements, sont restés plus longtemps que d’accoutumée sur le champ de bataille souillé de sang basque pour haranguer leur 12ème homme. Je n’ai pas vu d’absent hormis ceux qui tutoient encore les salles d’infirmerie. Un 12ème homme et des joueurs unis comme un seul homme en communion pour savourer la victoire et rêver doucettement à une autre ascension.

    Il y a des soirs où tout sourit, des soirs où un bonheur n’arrive jamais seul. Dans les Vosges, à la Colombière, quatre lumières brillent aussi dans la nuit. Epinal a débuté le travail une demi-heure après Niort, face à Orléans. Les guêpes donnent du fil à retordre aux hommes des bois mais c’est bien Jahier qui marque pour les locaux. Le leader tient le coup et s’accroche courageusement aux accoudoirs de son fauteuil. A Niort, les pylônes se sont éteints. Les chamois ont tiré un trait d’or sur leur soirée. Reste le dessert et la cerise sur le gâteau. Insu vient d’égaliser à l’orléanaise. Il reste une demi-heure. Niort a un pied sur la première marche. Et puis deux bientôt. Insu réalise le doublé. Lefaix corse l’addition dans les arrêts de jeu. Le destin vosgien devient obscur. Les guêpes ont fait leur nid dans le 88. Niort est premier de la classe pour un soir. Il y a vraiment des soirs où tout sourit.


    Ce soir est un autre soir. Niort débarque en leader éphémère. Gastien ne sera pas passé dans son discours d’avant-match à côté du slogan « ne pas prendre l’eau à la Source » pour un statut à défendre. Niort et Orléans étant les deux meilleures défenses de la poule, on l’a rabâché toute la semaine. Cela fera toujours plaisir à Bong passé d’incertain à pleinement opérationnel. Manquerait plus qu’il nous distille une passe décisive millimétrée pour Glombard.     Si, c’est possible. L’USO (Union Sportive Orléans) dans son jardin, ronronne quelque peu et accumule 3 matchs nuls et une défaite sur son gazon. Les filets n’ont pas beaucoup tremblé et le public tarde à se passionner. Orléans est resté en retrait. Mais depuis un mois, les joueurs de Lachuer ont renoué avec une série positive, auréolée par ce coup d’éclat « médiatique » chez le leader. Un nouvel adversaire entre dans la danse, un outsider à reconsidérer.

    J’ai un souvenir précis d’Orléans, celui de la D2 et des années 80, une décade où le foot se posait moins de questions. Cette année-là, mon père me traîne encore désespérément au stade, à la recherche d’un talent qu’il ne trouvera finalement jamais en moi. Un samedi soir en plein week-end, du haut de ma tendre adolescence, j’suis plus adepte de l’eau précieuse et des sorties en 103 SP. Bizarrement, ce soir-là, j’avais pu approcher les joueurs à la sortie du tunnel. Niort avec perdu ses portes-drapeaux de D1 et mon père maugréait encore ces tenues sang et or qui rappelaient à chacun les tons d’un poison maudit. Orléans n’y était pour rien. Ce soir-là, les chamois n’avaient pu faire mieux qu’un match nul (1-1) face à d’autres sang et or, Orléans et ses Langers, Solomenko, Zambelli, ou plus tôt Léopoldès, Germain, Berdoll, Stéphan ou Chiesa qui ont longtemps joué les outsiders en D2, un peu comme aujourd’hui un rang plus bas. Mais à Niort, le « spectacle » était ailleurs, en dehors du terrain, avec le limogeage de « papa ». Pas le mien bien sûr, mais de Parizon, celui qui avait veillé patiemment auprès de son troupeau en l’entraînant vers les sommets. Il y a aussi des soirs où rien ne sourit et qui marquent une saison…

    Sur le chemin du retour, mon père m’avait tout raconté en comblant de nombreux trous dans mes connaissances sur les chamois. Orléans avait plutôt bien joué le coup à l’extérieur. Je pensais pourtant que Niort n’en ferait qu’une bouchée. Lorsqu’il m’a compté sa petite histoire de l’USO, je me suis ravisé. Quand « l’Arago » rencontre « l’US », le foot en Loiret n’en est qu’à ses balbutiements. Le mariage des deux clubs propulse en effet Orléans à un rang bien différent. Les résultats acquis dans des infrastructures modernisées ne tardent pas à payer, même si les fidèles convertis à la ferveur du stade de la rue du Moine doivent faire des kilomètres aux portes de la ville pour se mettre du foot sous la dent. L’USO garde ses galons de place forte de D2 et taille son palmarès dans les compétitions de Coupe de France. Celle de 1980 est sans doute la plus significative. Pas tant pour l’échelon obtenu –finale perdue face à Monaco 3-1 – que pour le parcours franchi marche après marche. Lemée en bon capitaine entraine une bande de gosses jusqu’au Parc des Princes. En finale, la marche est trop haute. Monaco rafle sa 3ème coupe. Bruno Germain lui n’a rien oublié : « nous étions une bande de gosses derrière Lemée. C’était l’entrainement au sortir des boites de nuit. La vraie vie. Le foot, en plus, jusqu’au Parc en finale. Puis, la défaite face à Monaco …. ” (source : foot nostalgie). Ce qu’on ne sait ni l’un ni l’autre à ce moment-là, c’est qu’Orléans remettra çà en 1989. La route s’arrêté en ¼ de finale…face à Monaco. La ferveur s’empare du quartier de la Source un tour aller-retour plus tôt face au PSG, piqué à vif par les guêpes. 3 ans plus tard, l’USO a droit lui aussi à sa petite crise financière. L’enterrement du foot pro a lieu dans l’intimité le 5 mars 1992. On entend vraiment plus parler d’Orléans. En 2004, on les retrouve dans le classement de CFA2, puis en CFA l’année suivante, avant l’ascension jusqu’en National l’an passé ponctuée d’une 9ème place confortable et d’une seconde partie de championnat remarquable.

    Sinon, ce soir, imaginons un petit instant « papa » Gastien lancer une accolade à son fiston, conclusion d’une belle soirée sur les bords de la Loire dans le quartier de la Source, histoire de garder le sourire…Vous me suivez ?

    ALLEZ CHAMOIS !

    [ Le Chroniqueur ]