Le Petit Chamois : la gazette des Chamois Niortais

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    L'équipe du Petit Chamois Saison V :
    Baptiste
    Le Chroniqueur
    David (12-14 Niort)

    Crédit photo
    MARIE DELAGE



    BIENVENUE EN CFA

    Courlay, 1 heure de route au nord/nord-ouest de Niort, via les terres de Gâtine, les longues lignes droites toboggan de la Départementale 748, les stigmates visibles de producteurs laitiers en colère sur les bas-côtés des routes de Neuvy-Bouin ou de La Chapelle Saint-Laurent et les pommiers garnis de fruits. 2009, une année fructueuse ? Dans les vergers probablement. Ailleurs, on l’espère tous aussi. A commencer par le terrain pour que les Chamois se fassent une (la) place au soleil chez un parfait inconnu, le championnat de CFA.

    Avant cela, dernière répétition générale sur le gazon de l’US Courlay, pour un match de gala qui n’en a que le nom sur les affiches dressées ça et là le long de la départementale à partir de Champdeniers, entre les Chamois, petits bleus du monde amateur et Cholet, CFA2 un cran en dessous sur le papier dans la hiérarchie.

    Le stade de Courlay, c’est déjà deux euros pour y rentrer, puis une bonne mousse pour se désaltérer. Après on entrevoit le terrain borné de deux « tribunes », un peu comme à René Gaillard, mais en beaucoup  plus populaires. La tribune principale est flanquée d’une guérite de sonorisation d’où sort une voix inaudible. Un mal bien de chez nous. Je regrette d’ailleurs de ne pas m’être rapproché des haut-parleurs pour entendre la composition des deux équipes. A peine le temps de reconnaître quelques têtes côté chamois que je m’installe dans les « pesages » locaux sauce courlitaise.

    Aubeneau dans les buts, Tourenne en bon capitaine et Konaté dans l’axe, coiffés sur les côtés par Letzelter et Guignery, cela ressemble au profil type de la défense. Durand et Bacle jouent les râtisseurs juste devant. Gonzalez et Diaw prennent les couloirs. Hébras et Jamin endossent le rôle délicat de dynamiteurs offensifs. Le décor est planté.

    La première mi-temps disputée sous le sec présente une physionomie intéressante. Volonté de construire, recherche de la passe courte pour un partenaire démarqué, appels de balles démultipliés, Niort pose ses pions et avance territorialement. En face, les Choletais répondent avec des arguments : rigueur défensive, pressing haut, exploitation du moindre contre et de la passe adversaire mal ajustée. Ce sont d’ailleurs, les rouges et noirs qui se procurent les premières occasions cadrées. Aubeneau veille attentivement dans ses cages mais se trouve grandement sollicité. Les Chamois jouent la carte de la rapidité et de la touche de balle. Diaw n’est pas maladroit dans cet exercice et s’offre plusieurs débordements précieux. De quoi mettre le doute dans la tête des choletais qui arrivent néanmoins à se dégager du danger.

    Les actions plus franches se multiplient devant les buts choletais : tirs cadrés bien annihilés par un vigilant gardien, frappes et reprises contrées in extremis. Il manque un renard dans la surface pour propulser le ballon décisif.

    Cette fameuse règle de l’efficacité va pencher du côté des Choletais à la demi-heure de jeu. A l’origine, une largesse défensive qui avait déjà fait entendre ses échos précédemment, va sceller le destin de cette ouverture du score adverse. Radigoi trompe Aubeneau d’un petit tir piqué parfaitement ajusté. Niort 0 – Cholet 1

    Les Chamois reprennent possession du ballon lors du dernier quart d’heure, mais avec toujours les mêmes difficultés à résoudre : le dernier geste technique, la petite passe dans l’aspiration, le bon équipier bien placé, le pied qui dévisse ou la tête mal ajustée. Au bout des 45 minutes, Niort n’a pas trouvé les solutions mais a beaucoup tenté en usant habilement de ses couloirs. La défense est place mais se la joue parfois trop dilettante. Le score est là la pause. En face, c’est pugnace et solidaire. Cholet a montré ses qualités par un jeu simple, un quadrillage fin et l’œil avisé sur la moindre petite faille dans le dispositif niortais.

    La mousse coule à flots à la buvette. Les gros nuages commencent à déverser des gouttes de pluie. L’ambiance est bon enfant mais le temps a des allures de rentrée des classes avec un Bordeaux B dans la ligne de mire dont on sait pas s’il agit d’un grand cru ou bien d’une mauvaise piquette. Dans mon dos, les « bannis » de la première mi-temps tapent du cuir et laissent penser que des changements seront effectués des deux côtés pour la seconde période.

    Reprise des 22 artistes. La scène a le pavé mouillé et le speaker est toujours enrhumé. Konaté a prolongé la séance en vestiaires. Camara enfile le bleu de chauffe. C’est l’unique remplacement dans les rangs niortais. La suite viendra après.

    On ne peut pas dire que la mi-temps ait regonflé les esprits. La seconde mi-temps repart au petit galop. La gnac est restée choletaise. On s’en rend forcément vite compte dans les duels et dans les dialogues entre joueurs. Un monde sépare les deux équipes. Et puis, forcément lorsqu’on prête le flanc à « l’ennemi », on s’expose à des sanctions immédiates. La défense niortaise bafouille et Cholet déroule. Merle joue les oiseaux de mauvais augure et rappellent aux niortais leur défaillance défensive. Niort 0 – Cholet 2

    Et puis comme la douche froide se prolonge, Radigoi, buteur initial, remet le couvert bien aidé par des erreurs défensives assez similaires. Niort 0 – Cholet 3.



    Le ciel de Courlay pleure, Niort sort les mouchoirs (de Cholet ?). Du coup, c’est la grande lessive. Bacle, Jamin et Hébras sont priés de quitter le champ de bataille. En lieu et place, Bustreau, Lugier et Marti prennent du service. De quoi changer la physionomie de la rencontre et redonner un peu d’éclat au bleu chamois ? Gastien le pense sûrement, sous l’œil d’un Joël Coué arrivé en cours de match. Diaw qui éclaboussait son côté a perdu de sa superbe. Plus de ballons à négocier. Gonzalez plutôt présent et actif lors du round n° 1 se rappelle aux souvenirs impis du du Marche à L’ombre du National. Aubeneau a perdu sa voix sous l’humidité ambiante. Quant à Tourenne, il apprécie de moins en moins bien le marquage à la culotte de son vis-à-vis choletais et le fait savoir un peu trop virilement. La fin de rencontre n’évolue plus. Pas de petit but consolateur, juste un florilège de mauvaises passes, d’appels dans le vide et d’une récup dans le zag.

    On referme l’épisode amical pour se projeter dans la vérité de la compétition. Le 8 août à 18h, Niort s’attaque à son championnat. Il faudra sortir des starting-blocks et ne pas se prendre les pieds dans le tapis. Les buts compteront pour de vrai et la victoire vaudra encore plus chère qu’en National.


    Nul ne sait si ce match est le révélateur d’erreurs à corriger ou un simple incident de parcours d’une série de matchs sans enjeu mais toujours éprouvants physiquement au terme d’un travail foncier consistant. Dans quelles semaines, on parlera peut être du stade champêtre de Courlay, du jeu accrocheur des choletais et du micro qui déraille.

    Bienvenue en CFA, bienvenue dans l’univers des amateurs au grand cœur.

    [ Le Chroniqueur ]