9th
UNE PREMIERE SORTIE OFFENSIVE
Ca y est. On a les deux pieds dedans ! Le championnat de CFA est ouvert. En guise de hors d’œuvre, les Chamois accueillent Bordeaux, une équipe bis, un jeune cru emmené par le duo Battiston-Trésor.
Derrière cette brève introduction, beaucoup d’inconnus sur :
-nous-mêmes… :
L’équipe a été plutôt séduisante lors des 5 amicaux qui ont égrené le calendrier du mois de juillet (3 victoires logiques peu contestées, un nul prolixe montrant de biens précieux ressources et une défaite implacable pour un groupe aux deux visages). Le recrutement s’est attaché à remplacer les partants de National sur des postes stratégiques, ignorant un secteur offensif pourtant clairsemé. Le groupe est restreint avec 17 ou 18 unités mais pourrait évoluer numériquement au gré des circonstances de la compétition – dixit Gastien Père. Au rayon des fidèles, deux absents de taille : Gastien junior miné par une blessure et en cours de rééducation, Camara qui traîne ses matchs de suspension comme un vieux boulet de la précédente saison.
-notre adversaire… :
Ce discours va revenir chaque semaine. Championnat méconnu, adversaires ignorés. La singularité de ce premier rendez-vous, c’est la venue d’une réserve de club pro, des jeunes têtes parfois entourés des bannis des bancs de Ligue 1 venus faire une pige à l’ombre, dans des stades qui sonnent creux aux ambiances champêtres. Un groupe hétéroclite, une équipe patchwork capable du tout ou du rien.
17h55, les deux équipes pénètrent dans la chaleur surchauffée d’une journée d’août. Ca pique sec sous la toiture des pesages. Mon voisin arbore la dernière casquette dans le vent, la carte orange en carton mâché, d’abonné à la main. La fête peut commencer. La chambrée est bonne sans promiscuité avérée. J’ai croisé les deux cornes de Chamy, la mascotte officielle, qui se fait déjà des amis avec friandises acidulées et fanions frangés bleus et blancs. Même le speaker a changé. Plus de moustache, les cheveux poivre et sel sont devenus blancs comme neige en l’espace de quelques mois et puis l’allure est différente. Même la voix a mu. Finies les annonces glorifiées de la fête du Pain à Epannes ou du concours d’engloutissement de melons à Oiron. Voix monocorde, discours tournant à l’essentiel d’une compo d’équipe. Ah si, un discours emprunt de trémolos dans la voix lors du souvenir de Patrice Coué, parti trop tôt un 26 juin 2009 de la grande famille des chamois. Le silence d’une minute se montrera très solennel. Salut Michel et bonjour Guy. Renouveau, renouveau…
Tiens niveau composition, c’est le duplicata de l’équipe à Courlay. Aubeneau, Letzelter, Konaté, Tourenne et Guignery derrière, Bacle et Durand dans l’entrejeu, Diaw et Jamin dans les couloirs et Gonzalez – Hébras, la paire de choc offensive pour déboucher les jeunes bouteilles girondines.
Un peu comme le speaker, allons à l’essentiel…
Le match, pour résumer, c’est quoi ?
- Une demi-heure de domination territoriale sans partage des hommes de Battiston. Niort timoré ou mis sous l’éteignoir de la jeune classe bordelaise ? A mon sens, sans doute un peu des deux. Dans ces 30 minutes, deux uniques exceptions assimilées à des coups de pieds arrêtés sans lendemain. Les n°2 et 11 ont miné notre côté gauche pendant tout ce temps. Guignery a manqué le bon premier geste et s’est retrouvé à la ramasse ensuite entre les deux « dockers » black girondins. Quant à Tourenne, derrière l’expérience, les jambes du corail niortais ne pouvaient suivre le tgv bordelais lancé à pleine allure. Bordeaux l’a compris et déséquilibre volontairement son système de jeu sur le maillon faible initial de l’équipe niortaise sans réelle sueur toutefois pour Aubeneau à l’arrivée.
Alors que faire ? Sans doute remettre le pied sur le ballon et éviter de se noyer dans un océan d’attentisme.
- Une leçon d’efficacité dictée en 3 minutes :
Le troisième coup de pied arrêté niortais va faire mouche. Diaw toujours à la baguette des coups francs et des corners maison distille le bon ballon. Celui qui met une défense en péril, casse l’assurance d’un gardien serein. Farnolle jauge mal la situation à l’inverse de Gonzalez nommé renard d’un soir. Arnaud prolonge astucieusement le cuir au second poteau dans l’espace du but et rappelle aux jeunots que ce n’est pas à un vieux singe qu’on donne la leçon. Définition parfaite d’un hold-up bien monté et d’une ouverture du score contre le cours du jeu. Niort mène 1 à 0 sans avoir vraiment mouillé le maillot. Bordeaux noie sa déception dans une action que l’on pourrait qualifier d’erreur d’appréciation défensive. Jeune, fougue…et naïveté.
A vrai dire, le déblocage du compteur a mis les esprits en émoi et les gambettes en action. Niort entre vraiment dans son championnat et commence à oser ce qu’elle n’avait pas réussi à faire au lancement de la partie sous le coup de sifflet initial de M. Kanoute. A vrai dire aussi, la défense girondine n’a pas soigné son errement initial et se remet directement à la faute lorsque Jamin s’engouffre dans son dos pour placer une deuxième banderille victorieuse dans un angle très fermé. Les jeunes bordelais prennent un second coup de chaleur dont ils ne se remettront pas. Les Chamois marquent ce but si précieux du break dans l’aspiration immédiate du premier coup de couteau. Gonzalez, Jamin, voilà donc les deux premiers buteurs niortais version CFA.
Et puis, à l’orée du dernier quart d’heure, on assiste même au quasi emballage final lorsque Jamin exécute le centre parfait pour un Hébras isolé au milieu d’une défense aux abois. Hélas, le petit détail de cadrage fuit la tête de l’attaquant niortais. Au grand soulagement du portier Farnolle. Je m’étais levé trop vite, mon voisin, lui, gardait la tête froide sous sa grande visière.
Le chronomètre fait défiler les dernières minutes d’une première période finalement agréable à suivre. Une dure leçon de football pour des Bordelais pourtant talentueux mais pris au piège d’une jeunesse sans doute trop spectatrice sur les coups de pieds arrêtés qui s’est étiolée par la suite. Mais attention à une bête blessée. Côté niortais, c’est la joie des buts, de l’opportunisme de façade bien aidé par la largesse girondine qui a mis en selle la bande à Gastien.
La pause rafraîchissement est la bienvenue. Pour Chamy, c’est le bleu de chauffe pour les photos souvenir des petits et des grands : côté pile un flocage « Nouvelle République », côté pile un n°25, raccourci historique des années « Boinot ».
- Le coup de grâce au retour des vestiaires
Pas de changements observés pour ce début de second acte. Niort entame très bien ce retour au jeu. Bordeaux a décidément pris un gros coup sur la tête. L’action du troisième but en est l’illustration. Alors qu’aucun danger ne semble prédisposer la défense girondine à commettre l’erreur, la 50’ sonne la mort de tout espoir. La totale mésentente de deux défenseurs envoie Gonzalez au paradis oublié du doublé grâce à ce face-à-face conclu à bouts portants. Les joueurs savourent. Le public applaudit chaudement cette belle leçon offensive après deux années de disettes et de frustrations.
- Le tempo terminal
Les dés sont jetés. Niort gère relativement tranquillement le reste de la seconde mi-temps et gère aussi ses hommes - Bustreau, Lugier et Marti viennent suppléer Diaw, Bacle et Gonzalez, artisans à part entière du succès chamois. Bordeaux sauve ce qui peut l’être, une cage préservée d’une addition de fin de match trop lourde et le petit souci de sortir la tête un peu plus haute avec un but. Saivet s’emploie à solliciter grandement le portier niortais mais sa frappe lourde et limpide est enrayée par les deux poings bien fermes d’Aubeneau. Quant à Lasne, il tutoie le ciel sur une frappe bien trop enveloppée. Reste la partie de billard finale pour adoucir la défaite et éviter la bulle de la première interro. Rien à faire, entre Aubeneau et Letzelter toujours fidèles au poste, la vista a choisi bel et bien son camp en cette soirée d’août pour offrir le sésame des quatre premiers points aux chamois.
Niort a pris le bon wagon. La carburation de début de rencontre reste à améliorer, les interventions défensives manquent parfois d’à propos. Les réglages dans certains faits de jeu doivent être « graissés ». Mais n’est-ce pas le lot de toutes les équipes en début de saison ? Ce rôdage constitue le virage habituel des débuts de saison. Souhaitons que cette première offre un exemple de travail intéressant pour la suite et mette le wagon niortais sur les bons rails à bonne allure. Hier était un jour bien accompli où plânait un bon air de cohésion, de solidarité et d’effort collectif du « bien faire ». Cette équipe semble tendre dans le même sens. Prochain rendez-vous sur la carte de France du groupe C de CFA aux Herbiers. Un p’tit voyage pour un maximum de profit ? Allez Chamois !!!
[ Le Chroniqueur ]









