Le Petit Chamois : la gazette des Chamois Niortais

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    L'équipe du Petit Chamois Saison V :
    Baptiste
    Le Chroniqueur
    David (12-14 Niort)

    Crédit photo
    MARIE DELAGE



    LES CHAMOIS EN UN ACTE

    (Cette article est parodique.
    Détendez-vous, vous êtes sur Le Petit Chamois)


    Il y a un an et demi, ma cousine Sébastienne Touseul a eu le privilège d’assister à une réunion au sommet dans le bureau ovale de la rue Henri Sellier. Cette assemblée dite « de la dernière chance » avait été organisée pour gérer les conséquences de la terrible descente en CFA et relancer immédiatement le club dans la bonne direction.

    N’importe quel journaliste se serait contenté d’écrire un banal papier et de l’envoyer dans les plus brefs délais à son canard pour publication en page 91.

    Mais Sébastienne est une journaliste à la pointe, un peu avant-gardiste et éclectique.

    Elle a donc décidé de rendre compte de cet instant crucial sous forme d’une pièce de théâtre dont je vous rapporte ici quelques extraits.

    LES CHAMOIS SONT MORTS… VIVE LES CHAMOIS !
    (Une pièce de théâtre en 1 acte)

    La scène se déroule dans le bureau ovale du Calife des Chamois Niortais, en juin 2009.

    Sont présents les principaux dirigeants des Chamois Niortais.

    Le temps est chaud et oppressant, les débats le sont aussi.

    Calife : Pff, on est mal les gars, on est marron, on est au frigo. Alors si y’en a un qu’a une idée géniale pour s’en sortir, qu’il n’hésite pas !

    Dirigeant 1 : Pas de panique boss, on a embauché Karim pour ça, il a des idées. Par exemple, sa première idée à lui, c’est de faire venir les femmes au stade. Sympa, non ?

    C : Non mais il en a de bonnes, lui. Les femmes au stade, on connaît : l’an dernier, on avait déjà 11 gonzesses sur le pré, alors qu’il commence par faire venir quelques durs au cuir sévèrement burnés et on en reparle. Bon, what else ?

    D2 : Il a aussi évoqué l’idée de mascotte.

    C : Ah, ça c’est excellent ! Parfait même. Qu’il aille vendre ses beignets sur la plage cet été. Avec la thune qu’on se fera, on pourra peut-être prendre un gars ou deux.

    Tiens, il a qu’à rejoindre Dodzi, il est parti il y a deux jours pour notre campagne de recrutement estival au tournoi « Beach Foot les Mouettes » de Châtelaillon. Par le passé, ça nous avait permis de choper Mickaël James.

    D3 : Okay, boss, mais ça serait pas mal de faire revenir aussi un ou deux anciens pour nous redonner une crédibilité.

    : Ouais, moi j’ai toujours adoré Pedrag Jovanovic.

    D4 : Pas possible, chef. On a déjà entamé des recherches, mais on a perdu sa trace aux confins de la Transylvanie et personne n’a voulu pousser plus loin. La légende raconte qu’il mange les petits enfants. Rien que sa photo file les chocottes aux benjamins de l’école de foot.

    : Damned ! Ennuyeux tout cela !

    Youri Gazzaev alors ?

    D5 : Non plus. Aux dernières nouvelles, il vient de prendre en otage le directeur de sa maison de retraite à Vladivostok. Il réclamerait plus de petits pots Blédina et un morceau de viande de Chamois à chaque repas, c’est dire si l’affaire s’annonce corsée.

    De toute façon, rien qu’à le rapatrier, on grillerait notre budget.

    C : Hell ! Obiorah, qu’on se marre un peu au moins ?

    D2 : Mauvaise pioche, patron. Il s’est fait marabouté le genou. Depuis, ses ligaments sont radioactifs et on craint une contamination de l’ensemble du vestiaire.

    C : Well, and Nicolas De Géa ?

    D1: Oubliez boss, c’est sanitairement trop risqué. Aux dernières nouvelles, il a avalé une bouteille de bière avec la capsule et depuis, il fait de la mousse dès qu’il ouvre la bouche. Il suffit qu’un adversaire pose une réserve et on perd le match sur tapis vert .Enfin tapis brun en l’occurrence puisqu’il s’agissait d’une Guinness .

    Alors à moins qu’il puisse tenir 90 minutes en apnée, on abandonne.

    C: Blast it! Then, why not Pascal Landais?

    D 4: On y a pensé, simplement, c’est difficile d’offrir un contrat de 35 heures au gardien de notre réserve. L’an passé, celui de la première était plutôt à 90 heures hebdromadaires, mais là, pour la CFA2, on n’arrive qu’à 11 heures.

    On avait pensé compléter en lui demandant de trouver des sponsors, mais le compteur reste bloqué à 15 heures.

    : Impeccable, on a besoin d’hommes de sa trempe. Pour son complément de service, on lui fera faire un peu de ménage, et on lui fera chanter « Du Bleu,du Blanc » à la sono pour réveiller les supporters endormis pendant les matchs à domicile. Il sera polyvalent, ce sera notre Rémy Bricka à nous !

    D3 : Sinon, au niveau recrutage, on pensait à Diaw.

    : Alors là, chapeau ! Boris Diaw, ce serait un gros coup. Si on arrive à mettre en place un partenariat entre les Chamois Niortais, la NBA et le marché américain, on va en palper des brouzoufs ! Celui-là, on le prend en priorité !

    D1 : Puisqu’on est là aussi pour traiter des affaires courantes, je voulais vous parler de ceci (il montre un sac en plastique noir d’où il sort un polo blanc Kaporal maculé de marron, une odeur suspecte se répand immédiatement dans la pièce, à la limite du tolérable).Voilà, ce colis nous a été envoyé par Laurent Gagnier, il l’a sali en glissant accidentellement sur une déjection canine fraîche qu’il n’avait pas calculée lors de sa signature à Amiens, il y a quelques jours. Il estime que comme il n’a toujours pas touché sa prime de descente de l’an dernier, le minimum est qu’on lui règle ses frais de pressing et qu’on lui renvoie son tee-shirt bien repassé, avec un pli dans le haut du dos.

    C :(fortement agacé) : Alors là c’est la meilleure ! Laurent Gagné, il est sympa, mais du temps qu’il était là, c’est plutôt Patrice Perdu son cousin que j’ai pu admirer sur le terrain!

    Pfff, des frais de pressing ! Et puis quoi encore ! Moi, Lolo, il m’a lessivé, alors son polo, il est pas prêt de le revoir. Qu’on le garde, ça peut toujours servir.

    A propos de sujet qui fâche, on en est où au sujet du départ de Moustache ?

    D1 : Là, pas de soucis, des solutions amiables on été trouvées. Au début, pour le punir de sa saison, on pensé le déguiser en gros chamois en peluche et l’obliger à faire le tour du stade en saluant les supporters à chaque match à domicile, mais on s’est dit que c’était quand même un peu dur. Finalement, il est parti pour un défi à la hauteur de son talent : coacher le Laval Futsal.

    L’été prochain, je peux même vous révéler qu’il sera préparateur mental de l’équipe de France de football pendant la coupe du monde en Afrique du Sud.

    L’ensemble des dirigeants, admiratifs : OOOOOOHHHHHHHH !

    C : Ensuite ?

    D4 : Il nous faut reconquérir les supporters. Pour ça, il faut cesser les entrées sur le terrain aux accents tonitruants d’une musique de péplum de sérieB et je compte sur notre animateur pour nous concocter un avant-match du tonnerre. Pas question de l’enthousiasme de commande d’un speaker remonté comme un bonimenteur de grande surface, on veut du lourd !

    Et puis, pour récompenser nos plus fidèles socios, j’ai pensé à une liste de mesures non exhaustive :

    1. Attribuer un abonnement à vie à tous ceux qui ont posté un message d’encouragement sur le forum après la rencontre face à Boulogne, lors de notre descente de ligue 2. Honnêtement, ça va pas nous coûter cher…

    2. Attribuer un abonnement à vie et un polo blanc légèrement taché ayant appartenu à Laurent Gagnier à la première personne ayant entonné cette saison au moins une fois « Du bleu, du Blanc » à haute voix en tribune centrale qui se manifestera (1 témoin exigé).

    3. Attribuer un abonnement à vie et un morceau du stade René-Gaillard à tous ceux qui ont vu jouer David Ringot.

    : Well, toutes ces mesures me semblent aller dans le bon sens. A mon tour de vous dévoiler mon plan pour cette saison. En fait, il y aura plusieurs phases.

    Dans un premier temps, on va s’arranger pour ne pas démarrer trop fort. Pas trop mal, mais pas comme si on sortait de 2 mois intensifs à Cap Giresse non plus, si vous voyez ce que je veux dire.

    En parallèle, on va se créer un adversaire fictif qu’on laissera filer, histoire qu’il ait l’air bien dangereux. Tiens, Lucon par exemple, c’est bien ça.

    Pendant ce temps, on fera semblant de se trouver en difficulté, et de plus en plus, jusqu’à un échec retentissant laissant croire à notre perte : une défaite contre la réserve du PSG !

    Tous les dirigeants  (ébahis): Hein ? Quoi ? C’est pas possible ! De qui se moque-t-on ?

    D2 : Mais enfin chef, c’est pas possible. Une défaite contre PSG B, personne ne va y croire. J’ai consulté les archives, leur dernière victoire remonte à1926. Même en envoyant les moins de 13 ans, au pire au décrochera le nul !

    C : J’insiste bien, il nous FAUT cette défaite. Après cela, plus personne ne misera sur nous.

    D3 : Et…ensuite ?

    C : Une fois au fond du trou, c’est là qu’on commence notre redressement.

    Etat d’esprit retrouvé, solidarité, jeu collectif sympa et bien en place, buts à gogo, jeunes qui montent et anciens qui encadrent le tout comme il se doit.

    Les gars vont montrer l’exemple. Ils termineront chaque rencontre le capot ouvert et les aiguilles dans la boîte à gants. On va s’accrocher à notre jeu et nos valeurs avec la foi du pèlerin pendu à son rosaire.

    Ca va pulser. Le CFA deviendra le championnat où le foot se joue à 11 contre 11 et où les Chamois gagnent toujours à la fin.

    On apportera tellement de bien être aux habitants de cette ville qu’à la fin de la saison, les billets d’entrée au stade seront remboursés par la sécurité sociale.

    D1 : Mais juste une question, boss… Et si les ventres à choux s’accrochent à la première place ?

    C : J’y ai pensé. A ce moment là, je m’arrange pour qu’ils recrutent Fabien Lavoyer, histoire de les torpiller définitivement !

    Tous les dirigeants (sidérés) : OOOOOOOOHHHHHHHHH !!!!!!!!!!

    D4 : Mais enfin, chief, c’est pas possible, ils vont pas tomber dans le panneau, le piège est trop évident !

    C : Si fait mon gros lapin, ils le feront, je te le dis.

    De toute façon, il faut savoir prendre des risques. Parce qu’avec des si et des mais, on ferait du ski au Sénégal. Maintenant, ça va changer de mentalité ici. Désormais, même quand on n’y croira pas vraiment, on se forcera à y croire.

    C’est fini le temps où les supporters adverses fredonnaient en se gondolant « Du bleu, du blanc pour le désespoir, les Chamois sont tous des poires ».

    Il se lève, se dirige vers la porte de sortie. Il se retourne une dernière fois vers les dirigeants médusés et conquis.

    C : On se retrouve ici l’an prochain même heure même endroit. Je vous parlerai du scénario que j’ai prévu pour notre remontée en ligue 2. Je ne peux pas en dire plus maintenant, c’est prématuré.

    Pour vous mettre l’eau à la bouche, juste un ou deux éléments : j’ai prévu de poursuivre sur notre bonne lancée de CFA, en donnant du plaisir aux spectateurs, mais sans trop se dévoiler. En gros, on sera à peu près 10e à 4-5 points de la tête, histoire d’endormir la méfiance des cadors. Et dans la dernière ligne droite, on coiffera tous les gros bonnets. Mais je vous en reparlerai.

    Pour l’heure, on a un championnat de CFA à survoler, alors messieurs, je vous salue.

    Il quitte le bureau ovale et se retrouve seul dans le couloir. Il sort un Havane de sa poche, l’allume et en prend quelques bouffées, avant de conclure pour le spectateur cette réunion historique :

    « J’adore qu’un plan se déroule sans accroc. »

    Le rideau tombe. Applaudissements du public.

    FIN DE L’ACTE I

    [ Thierry Lhermitte ]