Du gros, du lourd, on en a mangé tout février. Le menu était lourd, embarrassant. Comme on le sait tous, la digestion a été délicate et les résultats ont parlé d’eux-mêmes en faveur des cadors. Mars offre lui un autre regard sur le championnat, celui des oppositions entre promus. Niort – Colmar, Niort – Gap. 2 minutes d’arrêt, bienvenue en National.
Si les alsaciens n’ont rien inspiré de très bon pour les chamois (match nul à tous niveaux), il fallait prendre de la hauteur après un retour bredouille de Paris. Vous me direz, ça tombe bien, voici Gap. Niveau hauteur, on est servi avec le Gap Hautes-Alpes Football Club. De quoi inspirer beaucoup plus un chamois.
J’sais pas vous mais moi Gap, ça me parle pas. Pas plus la page de programme du vendredi soir distribuée à l’entrée de RG. A peine on s’arrête sur le nom de l’entraîneur, dont le patronyme fut en vogue dans les années 80 chez les aiglons niçois ou sur celui de Messaoudi, transfuge des Verts et recrue de poids, venu mettre de l’impact physique au sein de la défense gapençaise (oui, oui, ça aussi fallait trouver !). Le reste de l’équipe est une totale découverte.
Dans une enceinte qui sonne creux à 19h50 encore, l’annonce du retour de Durand après 6 mois de traversée du désert sonne elle comme un signe bienfaiteur. Passée la séquence émotion du coup d’envoi et celle de la minute nippone exécutée dans un silence de mort, le débat Niort – Gap peut commencer. Comme prévu, le rideau défensif dressé par les protégés de Bruzzichessi s’apparente à un petit Alpe d’Huez : pas moins de 5 joueurs positionnés en gardiens du temple Rigaud, dont la tenue 100% orange ne passe pas inaperçue.
Une première mi-temps de bon tonneau mais sans plus. Juste un gros mieux depuis la sortie contre Colmar. Domination territoriale, jeu en mouvement, centres et débordements, voilà de bons ingrédients. Mais le résultat reste stérile. Le mal niortais caractéristique du moment en somme.
Et puis comme une difficulté ne suffit pas, s’ajoute un fait de match tout aussi ennuyeux. Diaw mal dans ses crampons depuis le début et martyrisé par la rudesse des bûcherons alpins, traîne douloureusement la patte et doit se résoudre à quitter son troupeau au bout de 30 minutes de match. Une claque…, une soirée qui sent le sapin. Bien évidemment, en dépit de la bonne rentrée de Bâcle, sa sortie est suivie d’effets indésirables, Niort se met à déjouer et prête le flanc à l’adversaire. Durak se rappelle à sa p’tit dizaine de buts personnels. De quoi faire rougir nos buteurs à 4 pions chacun. Danger écarté.
Niort a perdu le fil et son meneur de jeu. Ça se voit. On cherche le remède. Pourtant, au moment où les mouches changent d’âne, les niortais font mouche. Gastien fils sur une passe en retrait de Gonzo trompe le gardien alpin leurré par un ballon devenu savonnette sous le crachin. But casquette pour la bande à Bruzzi et bol d’air appréciable pour des locaux mal embarqués. Archimbaud tente bien dans la foulée de remettre tout le monde d’accord sur une frappe lointaine et vicieuse contrée « à la Omeyer » par un Aubeneau attentif et bien sur ses appuis. Ouf.
Les Chamois reprennent leur match par le bon bout. Surtout ne pas faire du copier-coller de la reprise contre Colmar ici même quinze jours plus tôt. Hébras montre la voie sur une frappe croisée bien stoppée par Rigaud. Coup d’essai non transformé. Et puis Glombard fait le show au milieu d’une défense prise de vitesse et délivre un caviar pour son compère Hébras qui ne se fait pas prier pour ajuster Rigaud d’une frappe ras de terre. Essai transformé. Le break est fait. Gap est refroidi. Niort dispose d’un matelas de confort pour gérer la dernière demi-heure. Le match perd de sa consistance pour se cantonner en milieu de terrain. Devant les buts, ça devient le Club Med. A noter deux tirs quant même, celui de Dembélé bien placé, boxé des deux poings par le portier de Gap et le coup franc de Lamy bien ajusté sous sa transversale qui subira le même destin. Gap rend les armes. Niort s’offre une victoire essentielle pour le décompte mathématique du maintien.
Côté enseignements…
- Sans attendre Durand comme le retour du Messie, sa réapparition sur le gazon fait du bien à tout le groupe. Après une cure de convalescence respectable et quelques galops en réserve, le Vincent est revenu aux affaires et a rendu une belle copie pendant plus d’une heure contre les tailleurs de pierre de la défense centrale gapençaise, Messaoudi et Assami.
- Hébras, dont la stérilité (offensive) devenait médicalement sérieuse, a retrouvé le sourire sur ce match. Il rejoint le club privilégié des 4 buts. Un but qui doit en appeler d’autres.
- La recette pour trouver les brèches dans la muraille défensive de Gap est à conserver. Cela devrait rapidement resservir. Du mouvement, des passes courtes, une bonne utilisation des couloirs, ça paye. A méditer pour nos prochains rendez-vous.
- Gap, c’est physique et ça joue vite devant. Durak est l’un de ses artisans. Equipe dangereuse aussi sur les coups de pieds arrêtés.
On enfonce le clou chez les Forgerons ?
[ Le Chroniqueur ]