Le Petit Chamois : la gazette des Chamois Niortais

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    L'équipe du Petit Chamois Saison V :
    Baptiste
    Le Chroniqueur
    David (12-14 Niort)

    Crédit photo
    MARIE DELAGE



    PRESIDENT ? A EN PERDRE LA TETE.

    Chez les Chamois, on ne raisonne parfois pas comme ailleurs…

    Généralement, l’accumulation des mauvais résultats d’un club mis au rang des grands et favoris d’un championnat est payée au prix fort par le premier fusible d’une chaîne de dirigeants, à savoir et à commencer par un entraîneur, le plus proche et le plus directement concerné par une tactique défaillante et des choix erronés pour composer son groupe.

    Or, surprise !…Istres marque à René Gaillard, puis enfonce le clou face aux Chamois. Les filets en frémissent encore que descend subitement des pesages, des salves de messages tous identiques et au refrain réitéré d’un “Prévost démission”. Un son et des mots inhabituels, des yeux rivés et des doigts pointés non pas vers le banc de l’entraîneur, près des joueurs et mordant un bout du gazon maudit mais vers un coin VIP pour retrouver trace d’un président plus en hauteur. Pas l’ombre d’un écho sur l’entraîneur à la moustache exubérante généralement visé en pareille circonstance. La prise de conscience d’une collection vertigineuse de coachs ? Niort a beaucoup donné ces derniers temps sur ce registre et attend toujours son déclic psychologique…

    Finalement le débat se situe plus sur le terrain politique que sportif. On fait mordre la poussière à un dirigeant gestionnaire d’une société qui coiffe administrativement l’ossature sportive d’un club. Les résultats actuels de l’équipe s’envisagent plus à la lumière d’une gestion soit disant frileuse, pater familiastique (néologisme de rigueur !) et avare en communication qu’en une étude minutieuse des contrefaçons des Chamois dans un National qui lui échappe de jour en jour.

    Si lors d’un jour très improbable, les Chamois ne se rencontrent plus que dans les livres d’images ou dans les vieilles collections exhumées d’albums Panini scandant les noms d’un Bossis ou d’un Safanjon, figurant les crânes rasés d’un Escayol ou d’un Ringot ou bien les dreadlocks d’un Chanlot, quels mots qualifieront le bilan de M. Prévost au cours de ses longues années passées au club ? Celle du chef d’entreprise et de sa rigoureuse gestion financière bénie par les instances de la DNGC ? Ou bien celle d’un bouc émissaire affublé d’un costume de déshérence pour des résultats en dents de scie obtenus entre une quinzième place de ligue 2 et les batailles de tranchées du National nés des dernières saisons ? Difficile dilemme entre deux mémoires, celle du temps présent qui presse et qui plonge les Chamois dans l’obscurité (nous cherchons responsables et/ou coupables !), et celle plus longue et plus profonde qui sait prendre la mesure de l’investissement humain, personnel, relationnel construit depuis 15 années, 15 saisons, 15 équipes ?

    Et si un élément de réponse se trouvait tout simplement chez ce qui n’est pas UN seul et unique bouc émissaire mais chez DES gens responsables au premier rang desquels se trouvent les joueurs. Loin de moi l’idée de cracher sur ces derniers. Au stade et dans les pesages, je suis plutôt du genre discret et observateur des réussites et des échecs, enrhubanné dans mon écharpe achetée en 1991 par un froid qui pique. Mais simplement, placer les premiers acteurs de notre sport et club fétiche devant leurs responsabilités, ramener nos héros au sportif plutôt qu’à l’affect ou non d’un dirigeant administratif, permettrait à chacun de retrouver une part de vérité sur des terrains où les règles les plus basiques de ce sport ne sont pas toujours clairement appliquées. Lors du match contre Istres, on croyait  à ce que cette foutue mayonnaise niortaise prenne corps. Elle s’est transformée en sauce provençale tout à fait indigeste, à grands coups de passes dans le vide et de pugilats puérils. Et c’est la faute à « Jacquot »… !

    Ne prenez pas cet édito du Petit Chamois au pied de la lettre et de ma plume. Corrosif certes, mais ni pro Prévost, ni anti joueurs. Uniquement un clin d’œil en écho à des voix incomprises d’un « Prévost démission » et au décryptage d’une actualité qui déchaîne les débats. Cela méritait bien une ouverture dans les colonnes de notre petit animal préféré.

    [ Le Chroniqueur ]