Pour en revenir au fond du débat et des préoccupations actuelles, même si les aspects internes (masqués au public) et externes (sportifs et visibles du public) sont intimement imbriqués et liés - l’un conditionnant ou guidant l’autre -, je fais volontairement la différenciation pour vous donner mon point de vue, en toute humilité et en tenant compte de données qui nous échappent derrière nos écrans d’ordinateurs.

-> Les données visibles : le sportif en forme de spirale négative
Nul besoin de rappeler les statistiques sur nos résultats et les étapes de notre parcours. Ce dernier est celui d’un relégable en puissance chez qui on ne peut que trouver de très minces circonstances atténuantes (la malchance accompagne souvent les équipes en mal d’espoir).
- Notre équipe ne prend pas corps en raison d’un recrutement “petit bras”, indécis et tardif qui a incorporé des retouches constantes chez un groupe qui cherchait sa cohésion d’ensemble. Aujourd’hui, nous “brillons” plus par nos individualités que par notre force collective. La technique est une chose en National, le “fighting spirit”, le souci maintenu de ne rien lâché physiquement et mentalement est un autre élément important dans ce championnat exigeant.
- Les choix tactiques et le coaching constituent probablement les clés d’une seconde hypothèse au marasme chamois, minés par ailleurs par l’agenda des blessures mettant sur la touche des hommes clés aux moments peu opportuns. Mais c’est la loi de ce sport. DT n’a pas forcément usé de certaines combinaisons et se montre frileux dans ses compositions à l’extérieur, voire parfois aussi à domicile. Etait-ce une volonté de stabiliser une défense en recherche de repères et d’efficacité? De montrer que les vraies et belles actions se construisent de l’arrière, de la relance et d’une récupération précise?
- Les punis de Ligue 2, des cadres décevants :
En reprenant un par un les hommes restés fidèles au National avec les Chamois, le bilan s’avère très mitigé. Perez-Garcia ressort du lot même si j’ai remarqué quelques écartades coupables et préjudiciables. Fischer, si la période actuelle lui paraît plus favorable, n’a pas été le cadre patron de la défense que l’on attendait de lui auprès des jeunes pousses. Arnaud Gonzalez a souvent brillé par son absence dans le jeu, n’a que peu pesé sur l’adversaire et n’a pas à ce jour l’impact souhaité en milieu de terrain, organisateur expérimenté comme on aimerait le voir jouer. Tsoumou constitue cet homme essentiel, précieux de la récupération ; hélas ses énervements intempestifs contre le corps arbitral l’ont plus souvent valu des séjours au purgatoire qu’un véritable rôle sur le terrain. Cet aspect “expérimenté” s’est délité à coup de défaites et de déconvenues depuis l’été.
J’avoue mon pessimisme sur cette sphère sportive qui, pourtant, conditionne tout le travail accompli et à produire dans les coulisses. Les joueurs ont leur challenge à relever sur les terrains et disposent d’une bonne partie de l’avenir du club entre les mains. Pas de misérabilisme, mais l’idée que le stade de l’urgence est dépassé dans la progression des résultats de cette équipe. Le défi des matchs de février va être couperet et la propension à aller tirer un profil à l’extérieur sera déterminante..


-> Les données internes : l’administratif et le financier en recherche de bouées de secours.
A situation critique, gestion de crise : “le président est mort, vive le président”. Prévost s’en va, Perlade arrive. L’arrivée d’un homme vivant dans le milieu ambiant de la grande famille des Chamois est à la fois réconfortant (il connait les noeuds du problèmes) et inquiétant (enfermement idéologique que n’aurait pas un homme nouveau). Au final, on est nombreux à penser qu’il s’agit là que d’une carte intérim jusqu’en juin 2009, faute “d’appel d’offres infructueux” lancé vers l’extérieur. Suspendus aux annonces officielles, on ne peut que vivre avec l’idée d’une épée de Damoclès au dessus de nos têtes.
Quant au projet de cinq ans, à l’analyse de ce projet, elle me laisse sans voix. Bien sûr qu’elle semble nécessaire et que les missions de notre cellule de recrutement créée à cet effet doivent s’activer pleinement sur ce sujet des repérages, des carences du précédent exercice en se dédouanant des résultats actuels. Maintenant cette gestion de crise se différencie de cette gestion à plus long terme par la construction de mesures d’urgence (renforcer les partenariats publics et privés, consolider les relations Ville-SAOS, dégager un budget cohérent en tenant compte des coupes franches qui seront amenées à exister) qui doivent être privilégiées et susciter le maximum d’énergies.
[ Le Chroniqueur ]