Le Petit Chamois : la gazette des Chamois Niortais

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    L'équipe du Petit Chamois Saison V :
    Baptiste
    Le Chroniqueur
    David (12-14 Niort)

    Crédit photo
    MARIE DELAGE



    « ALLEZ-Y, POUSSEZ, POUSSEZ… »

    Après deux défaites successives concédées en l’espace de quatre jours, la première somme toute logique face à des Lavallois aspirés par la Ligue 2, la seconde plus traumatisante et porteuse de conséquences néfastes contre Calais, adversaire direct reprogrammé en milieu de semaine, les Chamois n’ont pas d’autre alternative qu’une victoire afin de ressortir précairement de la zone de relégation. Bayonne, c’est un peu l’alter ego des niortais avec deux matchs en retard au crédit des hommes d’Alain Pachot. Encore un duel pour ne pas mourir et lâcher tout espoir de survie, un sentiment et une habitude tenaces qui se sont désormais installés à René Gaillard.

    Compte à rebours :

    19h57…Bayonne, parée de bleu ciel, pointe son nez à l’entrée du tunnel. Les chamois n’ont pas encore vu le bout…du tunnel.

    19h59…Les deux équipes font leur entrée sur le terrain sous une version quelque peu réactualisée du « Jump » de Van Halen. Le disque est rayé.

    Signes du destin d’une soirée qui débute sous de mauvais auspices ? Allons, déroulons le film de ce match.

    Les 90 minutes et plus :

    La rencontre débute de façon très correcte côté niortais avec cette volonté affichée de prendre l’initiative du jeu et de contrôler les ballons. Ce petit monopole conduit vite à quelques occasions venues des ailes. Hélas, au centre on se troue dans de mauvais placements ou à travers des gênes entre les joueurs liées probablement à un déficit de communication. Gonzalez faillit illuminer ces premières minutes par un contrôle amorti suivi d’une reprise instantanée (10’). Duhour, le portier bayonnais, bien placé, met en échec cette audacieuse tentative.

    Derrière cette phase de jeu, on retrouve du grand vide et il est facile de se rappeler que le menu de la soirée oppose le 17ème au 18ème de National. Rééquilibré en milieu de terrain, le jeu ne propose rien de forcément instructif, un peu comme si les deux équipes venaient de prendre tout à coup conscience du gros enjeu de cette partie. Il y a bien cette petite flamme niortaise qui tente de brûler le rideau resserré de la défense bayonnnaise. Mais bien calée et disposée, elle ne laisse aucune issue possible aux niortais. A une exception près qui aurait pu faire les affaires des troupes de Denis Troch, cette ouverture au poil de Perez-Garcia pour son compère Jacuzzi qui s’en va défier le dernier rempart bayonnais. Duhour part au contact hors de sa surface et fait obstruction sur l’attaquant niortais. Le public voit rouge, Monsieur l’arbitre préfère le jaune. Derrière, le coup franc idéalement situé de Perez-Garcia offre une nouvelle occasion de briller au gardien, soutenu par l’un de ses défenseurs (32’).

    De nouveau, encéphalogramme plat côté animation de jeu, tout juste le temps de trembler devant une sortie aérienne mal appréciée d’Aubeneau sur une frappe flottante adverse (43’). L’arbitre renvoie les acteurs aux vestiaires. Un moment privilégié pour remettre les idées en place, l’équipe en ordre de marche, tableau blanc ou paperboard à l’appui.

    Pendant ce temps-là, l’aquarium résonne aux échos d’un Sannois vainqueur de Croix de Savoie ou d’un Rodez parti battre le bon pavé à Calais. Quant à Libourne, il obtient le point d’un nul « pacy » simple en normandie. De quoi remettre bigrement le bleu de chauffe en seconde mi-temps pour forcer un scénario par encore tracé.

    On reprend les mêmes et on recommence ? Et bien non. Jacuzzi en délicatesse avec une cuisse laisse sa place à Dabo. De quoi observer sur une mi-temps, l’association Glombard-Daho, les deux petits retardataires d’un recrutement estival escamoté. Copie conforme du tout début de match, Niort presse, Bayonne vascille. Gonzalez, artisan centreur, est trop imprécis pour la botte de Biger (48’). Glombard se défait du verrou bayonnais et s’offre un duel avec Duhour. Oubliant la pichenette, il est contré par la sortie opportune du gardien (51’). Le Dieu efficacité est de nouveau aux abonnés absents, peste-t-on dans les travées. Un coup d’épée dans l’eau qui ouvre malgré tout la brèche à une banderille fatale. Une minute plus tard (52’), le coup de patte inspiré de Perez-Garcia trouve une ouverture lumineuse pour Da Silva monté en renfort sur une phase offensive. La reprise ne laisse aucune chance au gardien pris à contrepied. Cet élan de générosité et d’effort tourné vers l’avant a fini par payer. Le soulagement et la joie de ce but sont marqués sur les visages niortais. Un sentiment partagé dans les tribunes.

    Alors, maintenant on fait quoi ? La poursuite de l’offensive pour aller chercher le break et se mettre définitivement à l’abri, ce qui oblige malgré tout à se découvrir ? Une gestion de match sans doute prématurée à mon goût (rappelons qu’il reste plus de 35’ minutes de match) qui pousse à renforcer le milieu de terrain pour attendre les velléités adverses en préservant coute que coute ce mince avantage ? Dialectique toujours difficile à élucider. Sur le terrain, Bayonne ne met pas plus en avant le turbo, combien même il existerait. Diop, un petit numéro 10 bien remuant a le cœur à l’ouvrage, mais reste peu soutenu. La carte Seidou (souvenirs, souvenirs) est mise en avant, mais là aussi, les wagons ont du mal à suivre. Côté niortais, on flaire le bon coup sans prendre de risques inutiles. Après tout, les bayonnais ont désormais tout à prouver pour remonter ce court mais précieux score obtenu et concrétisé par les locaux. Le « money time » se présente avec son lot d’incertitudes, de fragilités de derrière heure avec son lot de dégagements à l’emporte-pièce et de bévues. Heureusement sans conséquence en dépit d’une ultime poussée bayonnaise dangereuse.



    Les enseignements :


    L’obligation de victoire à domicile est une règle dont il faut bien s’accommoder. La spirale catastrophique réalisée à l’extérieur impose un parcours irréprochable à la maison pour obtenir ce foutu maintien. Pourtant, des points sont nécessaires à l’extérieur au moins autant que ceux déjà récoltés ici et là. Je ne crois pas au déclic : en 8 matchs, on ne va pas forcément trouver l’organisation idéale pour devenir des intouchables. Les blessures à répétitions, les suspensions qui forment ce groupe indécis d’impondérables, la jeunesse du groupe et toute sa « tendreté » par rapport à la gestion de certains faits de match plaident en faveur d’une grande prudence. Et combien même les productions sont séduisantes, il y a toujours un grain de sable dans les roulements de la machine pour la faire tousser à tout moment que ce soit pour conserver un score ou aller le chercher.

    Hier, Bayonne, par fragilité, fébrilité, ne nous a que très peu mis en danger. Mais il est bon de noter qu’au moindre fait dans notre zone de vérité, une fébrilité assez similaire gagne nos rangs, preuve que nous ne sommes pas mieux, au moins dans nos têtes et que l’édifice est instable. Rien d’étonnant à avoir un parcours aussi médiocre hors de nos bases. Seul le goût de la victoire constitue cet antidote à la crise et c’est par son enchaînement que passe notre salut. Si simple dans le raisonnement et si compliqué dans la pratique. Pour plagier lapidairement la banderole érigée hier soir par les Unicamox, « notre plan : gagner », mais pas un plan quinquennal fredonné par les voix dirigeantes, le plan d’aujourd’hui et de demain, celui des jours à venir pour sauver cet avenir sportif que chaque supporter peut mesurer à la lumière de sa passion.

    Pour en revenir au fond de jeu, il y a toujours ces deux ou trois constats qui m’agacent match après match et qui s’inscrivent dans la durée :

    -/ L’absence d’un milieu de terrain stabilisateur et organisateur : difficile de voir autre chose que les grands ballons balancés de l’arrière vers l’avant, charge pour notre pointe de faire de son mieux du ballon. C’est un peu d’ailleurs l’archétype des équipes de National que de sauter allégrement les lignes pour faire peser le poids d’une rencontre dans les 18 mètres adverses, sans passer par la case construction. Un système où le physique est roi et où l’impact est privilégié sur la technique. Hier soir, on a eu souvent droit à ce genre d’actions, de quoi en assimiler certaines à de simples constats d’impuissance d’une équipe sans solution. Par le jeu en passes courantes, en relai, notre milieu est sollicité et en devient par là même plus créatif.

    -/ Le faible impact des ailiers : là non plus, on est loin du scoop. Les déceptions récurrentes de certains joueurs conjuguées à un recrutement défaillant dans ce secteur ne nous aident pas. Pourtant, et on l’a vu par intermittence hier, le danger pour une défense est le plus réel et met en péril la stabilité d’une ligne. Du coup, Glombard et PG dépositaires du jeu proposent forcément des formules plus axiales plus prévisibles.

    Dans notre situation, on se réjouit de n’importe quelle victoire. Sans être lumineuse, notre équipe a été courageuse et patiente pour obtenir ce succès impératif. On ne peut que se réjouir de cette pugnacité. Ce Niort-Bayonne en a écrit une nouvelle page. De quoi pousser la chansonnette chère à nos adversaires d’un soir : Allez-y, poussez, poussez…

    [ Le Chroniqueur ]