Le Petit Chamois : la gazette des Chamois Niortais

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    L'équipe du Petit Chamois Saison V :
    Baptiste
    Le Chroniqueur
    David (12-14 Niort)

    Crédit photo
    MARIE DELAGE



    DANS LES STARTING-BLOCKS !

    Les chamois ont rendu leur copie après un mois et demi d’examens en tous genres : épreuves physiques, tableau noir, stage intensif, visite du petit patrimoine rural et parties de cuir. Tout a été passé au crible, étudié, vérifié, choisi, trituré, associé. Une drôle de machine que ces intersaisons, capable de transformer en quelques jours des « touristes » en véritables athlètes.


    Le jury a rendu son verdict : aptes pour débuter le championnat de National 2011-2012. A la baguette, Gastien père transforme deci-delà le groupe en immense mécano, pendant qu’Azzo, capitaine de vaisseau, prend de la hauteur et supervise des tribunes le grand chantier. L’historique Claude Soldera que l’on ne présente désormais plus, gère quant à lui la maison bleue et blanche comme la sienne, trousseau de clés en poche et porteur d’eau infatigable, sous la douche froide moncoutantaise comme sous la chaleur d’une fin d’après-midi niortaise. Quelle équipe !


    Bon et alors les résultats ? 5 matchs amicaux disputés, par tous les temps, à La Châtre (36), Moncoutant, Coulonges-sur-l’Autize et à Niort (2 rencontres), avec pour adversaires des équipes aussi diverses que Châteauroux (L2), Le Poiré-sur-Vie (N), Luçon (CFA), Orléans (N) et Vannes (N). Différences de niveau, différences de préparation. Bilan des courses : 1 défaite, 1 nul et 3 victoires, le tout dans le bon ordre !


    Dans l’attente de confirmations et de certitudes en championnat, on peut avancer quelques mots favorables avec une trajectoire de préparation associée à une montée en puissance progressive au fil des matchs, le meilleur rapport qualité/groupe se situant contre Vannes, il y a 3 jours à Niort. Et ce n’est pas une blague ! Passé le premier quart d’heure de mise en route et d’observation, les niortais ont pris rapidement la mesure de bretons perdus dans leur préparation, entre matchs amicaux et compétition (Vannes a disputé un tour de Coupe de la Ligue). Le signe d’une équipe compétitive capable de titiller les prétendus favoris du championnat ? Vannes débarquée de Ligue 2 fait partie de ceux-là, si l’on suit un raisonnement logique et partagé par de nombreux observateurs. Alors la victoire niortaise 2-0 acquise avec entrain et manière prend forcément du relief et donne de la suite dans les idées.

    Après de gros travaux vite exécutés, le chantier est enfin livré. Durak, Bong, Sankharé, N’Guessan, Delecroix, Roye et Hachi sont venus à la rescousse, sous l’étiquette d’une entreprise qui aimerait jouer la carte « séduction » pour un cru que tous les aficionados souhaitent juteux.

    Durak, le petit Mustapha transfuge de Gap remarqué par ses 12 buts l’an passé, et recruté pour son efficacité, fait figure d’ouvrier modèle. Technique, vif et opiniâtre, il pourrait très vite devenir l’atout majeur dans le jeu (offensif) niortais. Buteur à Moncoutant, il a offert du caviar à ses partenaires depuis 3 matchs. Flanqué d’un numéro 12 dans le dos qui n’est pas sans rappeler son total but de l’exercice passé, Niort a peut-être bien déniché l’oiseau rare. Prix spécial du jury !

    Bong, un nom prédestiné pour une défense, non ? Après un début timide légitimé par le fait de prendre la mesure de sa nouvelle équipe, l’ex cristolien fait des étincelles et ne laisse rien passer. Pas une miette pour les adversaires, des interventions toniques et franches. Avec Konaté pas très loin, les deux tours de contrôle solides comme un roc sont passées en mode opérationnel.

    Sankharé, je ne vous en dirais pas grand-chose aujourd’hui. Le malheureux est arrivé blessé et n’a disputé aucune rencontre sous ses nouvelles couleurs. Il paraît que c’est un bon élément. En même temps, on ne se mouille pas et on suit les choix des recruteurs. Un problème à un genou, vite réglé désormais puisqu’il revient le 04 août, veille du grand départ ! Sankharé, j’espère que çà tournera rond.

    Dans le même registre, Hachi ne m’inspire aucun commentaire. Je ne l’ai pas vu évoluer. Testé à La Châtre par Gastien, il a joué les non-partants pour Moncoutant. Le staff a finalement dit oui, et lui aussi dans le week-end ! Monté dans un train en marche, il arrive en doublure de Bernard, à moins que ce ne soit pour le doubler ? Qui sait…

    N’Guessan, issu la jeune garde castelroussine, donne de bonnes impressions. Intégré dans un turn-over incessant lors des premiers matchs, il n’apparaissait pas dans le 11 titulaire vendredi soir. Lui aussi peut jouer son va-tout en complément de Letzelter, le capitaine Flam imaginaire de certains supporters qui vous parlent d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

    Delecroix, lui, a fait couler beaucoup d’encre. Pris dans l’engrenage d’un dossier de recrutement de gardien que certains, voir beaucoup jugeaient décousu pour ne pas dire bancal, le jeune étalon picard a mis du temps à s’imposer dans les têtes. Il semblerait qu’après Vannes, les langues se soient adoucies en sa faveur. Je confirme. L’homme, beau parleur, a été présent de bout en bout, jouant les échassiers dans les airs comme sur terre contre les bretons vannetais. De quoi nourrir de belles promesses pour un pari vraiment audacieux au départ, jeunesse et inexpérience ne constituant pas ses meilleurs alliés. Un coup de jackpot qui pourrait rapporter gros.

    Roye, le king du milieu de terrain, d’abord discret mais besogneux, a pris progressivement son envol. Dans un rôle moteur et pilote en matière d’animation, il a quasiment fait oublier les tours de passe-passe du magicien Diaw. C’est pour dire ! Et si en plus il se met à marquer plus de buts que Mahamadou, qu’allons-nous devenir ! Le jury ne s’y est pas trompé : reçu 10 sur 10 !


    Une bonne intégration d’ensemble des nouveaux arrivants
    Des recrues qui apportent une plus-value au groupe en place
    Des individualités fortes au service d’un collectif bien huilé
    La recette d’une équipe prête à débuter le championnat !
    Le jury a tranché : moteur !


    Les chamois se sentent prêts. Ce qui n’est pas forcément le cas du championnat de National lui-même. Quel curieux constat ! Pour l’instant, on avance à 20. Demain peut-être à 21 ou à 22, qui sait…dans le cadre d’une réintégration de Cannes et de Gap venus plaider leur bonne foi devant le CNOSF, en session de rattrapage, après avoir être recalés en début d’été par la DNCG. Wait and see dans un championnat qui nous réserve des surprises dès le coup d’envoi, en tirant à la courte paille nos adversaires de demain.

    En tout cas, ce championnat n’a rien à voir avec celui de l’an passé sur le papier, « microcosme du championnat de Ligue 2 » comme j’aime à me le rappeler sans cesse. Exit Amiens, Bastia, Guingamp, les grosses artilleries venues camper en National pour se refaire la cerise une saison avant de reprendre rapidement de la hauteur. Bonjour Quevilly, Epinal, Martigues, le Poiré-sur-Vie, nouveaux venus et jeunes promus, qui font dire que le championnat est plus ouvert et qui offrent sur un plateau une chance inestimable aux chamois de retrouver son vrai jardin, celui de la Ligue 2. Beaucoup en parlent. Soyons optimistes et sereins, mais gardons de la prudence sans avancer la fleur au fusil. Les compétitions réservent des bonnes comme des mauvaises surprises. Certains compétiteurs ont d’ailleurs de l’ambition : les punis de Ligue 2 bien sûrs qui n’ont pas vraiment envie de moisir ici, les outsiders de l’an passé qui ont manqué quelques marches et qui ont révisé leur gamme, prêts à jouer une autre mélodie, la surprise du promu qui enchaîne les ascensions. Et Niort. Ça fait des candidats pour quelques heureux seulement à l’arrivée.

    L’important, à mon avis, c’est d’employer le bon braquet dès la première montée sur les pentes vertigineuses et ensoleillées du mois d’août. A une heure où certains reprendront le chemin du travail, d’autres en sauront déjà un peu plus sur leur position, sur les secteurs d’entrainement à privilégier, aux possibles changements à opérer pour optimiser l’équipe.

    Vendredi constitue la première étape d’un très long parcours, avec la réception d’Ajaccio, le Gazélec, en guise de hors d’œuvre, un p’tit promu qui monte, dans le sillage de ses grands frères corses. En espérant sortir très vite des starting-blocks pour une victoire en ligne de mire. Mesdames, Messieurs, le compte à rebours a déjà commencé !

    [ Le Chroniqueur ]