Le Petit Chamois : la gazette des Chamois Niortais

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    L'équipe du Petit Chamois Saison V :
    Baptiste
    Le Chroniqueur
    David (12-14 Niort)

    Crédit photo
    MARIE DELAGE



    VENDREDI 13 AOUT. DÉBARQUEMENT DE NORMANDIE.


    A bord de la prestigieuse compagnie de bus Brochard Voyages, le team Chamois Niortais a posé sa première valise sur les terres rouennaises, hier jeudi en fin d’après-midi. Disons que c’est le début d’un long périple à travers la France, l’éloge croustillant des terroirs et des provinces façon Pierre Bonte, en moins.

    Ce Rouen-Niort cru 2010, c’est la 13ème…confrontation. Si, si. 13, chiffre magique ! Au jeu des 12 duels, les diables rouges ne jouent pas le rôle de bête noire. Bien au contraire. Sur les 6 derniers matchs disputés à Rouen, les chamois ont ramené 1 victoire et 3 matchs nuls, ce qui montre que Diochon est loin d’être l’enfer garanti au pays des diables rouges. Statistiques en mains piochés chez Blood20 qui s’y connaît en la matière.
    Au fait, question pour un champion. Qui connaît l’origine du célèbre surnom porté par les joueurs du FC Rouen? Voilà une question d’avant-match qui fait marcher les neurones ! Bon, le FC Rouen a été fondé en 1899 (c’est marqué sur leur maillot avec le logo) et portait le nom de FC Rouennais. Au début du XXe siècle, 1902 exactement, à une heure où le mercato en était encore à ses premiers balbutiements (sic), un dénommé Ferris venu d’Ecosse lui attribua ce surnom de diables rouges. Cette appellation a traversé l’histoire du club jusqu’à aujourd’hui. Voili, voilou.

    Nos 15 chamois, arrivés hier soir, sont donc prêts pour leur prem’s à l’extérieur. Comme dirait l’autre, on ne change pas une équipe qui gagne (3-2 contre Rodez pour la première des 42 manches) surtout quand elle y met la manière en plus. Gastien, en bon compagnon de bord, l’a bien pigé et reconduit sa troupe en copie intégrale. En espérant que le score final soit du même tonneau. Manque uniquement à l’appel de Cap’tain Soldera, à la sortie du bus, le seul Diaw qui n’en finit plus de soigner ses maux. Stoppé dans son premier match à la mi-temps, la perle noire du milieu de terrain niortais, friand de grigri et de petits espaces, a manifestement perdu de sa superbe. Le joueur reste précieux mais ses récurrents pépins de santé modèrent les avis enflammés sur le personnage. Faut dire que l’équipe a fonctionné comme sur des roulettes dans le second acte du duel aveyronnais-deux sévrien et qu’on a eu vite fait d’oublier les dreadlocks du petit gabarit chamois devant les éclaboussures offensives du triple G. Enfin, on a bien besoin de lui pour tracer la route National(e), chaque pierre ayant sa place sur un chemin long et sinueux.
    Quentin Bernard lui surfe sur le beau fixe après un match d’ouverture plutôt convaincant. En plus de son rôle ferme et efficace sur l’échiquier défensif chamois, la tour a été hardie sur des phases de jeu plus offensives. On en redemande. Du coup, Guignery risque de cirer de nouveau le banc niortais ce soir et de se faire quelques cheveux blancs supplémentaires pour sa place de titulaire. Enfin, Germain Lugier revient parmi les 15. J’sais pas si faut y voir une bonne nouvelle. Gastien n’a pu s’empêcher de le pousser dans le bus, M’sieur voulant revoir la Manche qu’il avait laissé du côté de Cherbourg. Si c’est pas mignon du plein çà. On espère qu’au-delà du 13, D-Day, l’air salin à quelques vols de sterne, lui ouvrira l’appétit et lui portera bonne chance.

    Du côté de Diochon, après avoir passé ma semaine à surveiller l’ambiance chez les Reds Devils, l’odeur n’est pas vraiment celle d’un air de mer mais plutôt celle d’un parfum de Ligue 2 entre deux clubs au passé significatif sur ce rayon. Séquence nostalgie sur les forums où Niort se fait traiter avant tout de « faux promu » avec des Gonzalez, Glombard, ou Tourenne dans son artillerie. Alors on se prend à rêver au bel âge d’or lorsque Robert Diochon frémissait sur les maîtres buts de Jean-Pierre Orts ou sur les parades insolentes d’Alain Bensoussan. C’était le temps de Robert Vicot (Rouen et ses histoires de Robert), qui avant même d’être le roi de la chips, a mené le club normand vers ses grandes heures. Et pis les diables rouges qui tyrannisaient tout sur leur passage sont tombés aux oubliettes après deux chocs consécutifs sous forme de dépôt de bilan. L’argent, le nerf de la guerre. Les diablotins ont dû quitter la Seine pour se retrouver dans les méandres marécageux du l’univers amateur. Histoire parallèle, traits communs. Il aura fallu attendre 4 ans pour que le rouge rouennais retrouve ses couleurs d’origine et accède à un rang plus conforme à ses valeurs avec une accession en National. Une première victoire en appelant une seconde avec une magnifique 3ème place sur le podium de la saison 2003-2004. Les héros s’appellent Hubert Fournier, David Charrieras ou Philippe Chanlot. Tiens, tiens…des dreadlocks connues. Histoire parallèle, traits communs. Et puis, cet ascenseur qui monte et qui descend emporte avec lui le FC Rouen au bout d’un an de bons et loyaux mais insuffisants artifices en Ligue 2. Le FCR vacille et présente une tache dans son CV avec le bonnet d’âne de la classe 2004-2005. Terrains de malheurs, plongée dans les abîmes. Si Rouen est resté la place forte du mirliton (pâtisserie locale), elle perd son rang dans la hiérarchie du foot français. Le succulent dessert se transforme en désert aride. Au prix de 3 nouvelles saisons blanches, le FC Rouen refait surface et réalise une deuxième partie de campagne magnifique en 2008-2009 qui lui vaut un retour salutaire en National. Depuis, la quête du professionnalisme nourrit tous les débats avec la ligue 2 comme aboutissement et point de mire. L’objectif est bien affiché et circule dans les travées de la tribune du célèbre joueur et président Diochon, un modèle de longévité. Les Diables rouges sont de retour ? En tout cas, l’entrée en matière au Roudourou a été manquée malgré de bons mouvements et des occasions nettes gâchées. Reste à rassembler les troupes – le remue-ménage a été important à l’intersaison -, y compris un public qui a un peu boudé la campagne d’abonnements de cet été. C’est donc la méfiance qui prédomine à quelques encablures du match de ce soir. Le « faux promu » se verrait bien jouer les trouble-fêtes en ce week-end de 15 août. Idée que ne veut point imaginer le FC Rouen qui présentera un effectif largement revisité par rapport à Guingamp. Chez les chamois, c’est du « no stress » dans la poursuite d’un été paisible. Des ingrédients d’importance dans le déroulement d’un jeu et d’une tactique qui portent jusqu’à présent leurs fruits. J’aime et nous aimons. Allez Chamois, pour que la récolte se poursuive !

    [ Le Chroniqueur ]