Le Petit Chamois : la gazette des Chamois Niortais

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    L'équipe du Petit Chamois Saison V :
    Baptiste
    Le Chroniqueur
    David (12-14 Niort)

    Crédit photo
    MARIE DELAGE



    NIORT - LE POIRE-SUR-VIE : VEILLEE D’ARMES EN VRAI-FAUX

    Niort – Le Poiré : un vrai faux derby

    Je fais la guerre aux derbys depuis que je m’intéresse au ballon rond. Et oui. Et en cette veillée d’armes d’un Niort – Le Poiré-sur-Vie en championnat, je ne vais pas changer d’avis. Le vrai derby est un match en voie de disparition, un peu comme l’ours polaire du cercle arctique, ou la loutre de mer de la péninsule du Kamtchatka, menacés tout prochainement de quitter la planète Terre, si personne ne bouge le petit doigt. Un derby, c’est d’abord dans un bon championnat, ça se déroule surtout dans la même ville. Aujourd’hui, en ces temps de désertification du football pro dans le centre-ouest, les chamois se cherchent des voisins. Poitiers dans son écrin de la Pépinière ? Niet. L’année 1995 synonyme d’une place en D2 fait figure d’exception dans une trajectoire plutôt anonyme. Angoulême ? Pire encore. Le stade Lebon sent franchement le moisi depuis des années. A peine, se souvient-on encore parfois d’une page ou deux d’histoire de l’ASAC et de son passé en D1 à l’aube des années 70.
    Alors on cherche plus au large, mais on déborde allégrement de la région Poitou-Charentes, chère à nos speakers préférés en marge de la présentation des équipes, les soirs de matchs à Niort. Châteauroux, Angers, Tours, Luçon, Les Herbiers, Fontenay-le-Comte et demain le Poiré-sur-Vie…


    On s’est bien écarté de la définition du mot derby, de son sens, de son essence. Mais, on s’obstine et on aime bien dans le football créer des « affiches », des soirées de « gala », revendiquer la suprématie d’un club sur le Grand Ouest français. A peine exagéré ! Tiens, d’ailleurs, samedi dans la presse, à l’heure des comptes-rendus, on aura peut-être droit à cet écart de langage, une « guerre sportive » entre le bastion du Poitou et le p’tit« voisin » vendéen, pour rendre le match intéressant par tous les moyens. Ou alors la guerre n’aura pas eu lieu et chacun repartira finalement dans son coin avec sa part de suprématie.
    En fait, j’ai deux explications sur la multiplication des pseudo-derbys : d’abord, la rivalité sportive et d’estime qui peut exister entre les supporters de deux clubs. Des antagonismes entre le kop genôt et celui des Unicamox ? Allez, mettons très vite cette idée au placard. Ensuite, il faut considérer l’importance économique d’un derby. Très médiatisées, ces rencontres trouvent un intérêt tout particulier pour les médias qui peuvent jouer sur le registre de la fierté régionale. Ces rivalités « malsaines » font parler d’elles, font vendre du papier, de par leur atmosphère très particulière. Ne serait-ce que pour raviver des besoins de domination territoriale. Alors, vraiment convaincus par le derby appliqué sur cette rencontre ?

    Le Poiré-sur-Vie (survit) en National : un vrai-faux poucet

    Pour trouver le Poiré, il faut se munir d’une carte, à moins de très bien connaître sa géographie. La petite cité de 7400 habitants se la joue plutôt discrète, à une encablure de la Roche-sur-Yon en direction de Nantes, juchée sur son promontoire rocheux et dominant le bocage vendéen. En bas, coule la Vie, le cours d’eau qui colle à la peau du Poiré comme à celui de Saint-Gilles pour se jeter plus loin dans la mer. La Vie est un long fleuve tranquille… Cet emprunt volontaire au 7ème art écrit ses lettres de noblesse au quotidien dans la cité, organisée autour de sa place centrale du marché, un lieu où on comprend très vite de quoi se nourrit la convivialité vendéenne. Mes amis vous en parleraient bien mieux que moi, même s’il paraît pourtant qu’un peu de sang vendéen coule dans mes veines aux dires de mes aïeux.


    Dans le bistrot de l’Idonnière, Frédéric Lavoine sert ses dernières bières avant de baisser le rideau sur sa journée de travail. Le petit bar du Poiré s’est refait récemment une beauté et s’affiche clairement sur Facebook. En entrant dans l’établissement, nul doute, on se trouve bien dans le repère des genôts mais pas n’importe lesquels, les accrocs de foot et les branchés scotchés aux nouvelles du PVVF : le Poiré sur Vie Vendée Football. Derrière le zinc, un maillot bleu suspendu à un cintre détrône le triple sec et la troussepinette. Quelques bouteilles plus loin, un ballon de match est accroché à une étagère. Peut-être celui de la montée en National du Petit Poucet du National en mai dernier ? Ce soir-là, pas de karaoké, pas de soirée à thèmes, pas de fête à papa. Ce soir-là, la fête vendéenne bat son plein pour le mariage d’une équipe passée d’un strict silence à la reconnaissance avec la population genôte. Ce soir-là, le gérant de l’idonnière a fait une bonne affaire et a tiré son rideau beaucoup plus tard…


    Arrivé de CFA2 au terme d’un brillant championnat 2009-2010, le petit club vendéen semblait devoir se battre pour son maintien en CFA. Mais les joueurs d’Alain Ferrand (l’entraineur de la brillante ascension !) ont fait bien mieux que cela en validant leur billet pour le National, à 3 journées du terme du championnat, s’il vous plaît, dans le groupe D de CFA ! Le verdict est tombé. Les Herbiers pas très loin se contentaient d’un piètre match nul contre la réserve de Lorient. Le malheur des uns préfigure celui des autres. Le Poiré-sur-Vie accédait au championnat National sans avoir eu à combattre et devenait ainsi l’emblème et la référence de tout un département. Lourd costume à endosser et à porter.


    Le début de championnat des genôts parle en ce sens. Pour résumer, Le Poiré joue bien et possède dans ses rangs des joueurs qui peuvent guider l’équipe pour un maintien en National. Il manque juste ce petit truc qui vous propulse vers le bon côté des choses et qui vous permet d’obtenir un résultat. Oswald Tanchot, le coach du Poiré passé de La Vitréenne à l’équipe vendéenne, rabâche la leçon depuis 4 journées. Des sauts de concentration qui coûtent chers en fin de match pour un bénéfice final promis puis anéanti : une affaire bien en mains face à Cherbourg transformée en misère au bout du chrono (1-1) ; ou une opposition à la hauteur contre le leader spinalien troublée par une erreur fatale à la 86’ (défaite 2-1). Un sentiment déjà éprouvé avant, dans des circonstances quasi similaires. Bref, de la déception et l’envie de passer très vite à autre chose tous les lundis pour le retour sur les terrains d’entraînement. La compet’ n’attend pas. Et le Poiré a oublié le train en marche, accroché à son unique point témoin de sa présence en National.


    Tanchot avec toute son expérience du National a pourtant passé son été à bâtir une équipe sur mesure pour relever le challenge du maintien. L’ossature de base qui a fait des étincelles en CFA a été préservée afin de ne pas enrayer la spirale positive du groupe. Cela va de soi. Des retouches ont été faites ici ou là pour doubler certains postes. Dans ses valises, Oswald Tanchot a notamment amené avec lui dans le bocage vendéen, des garçons d’expérience : Le Mat, l’ex-orléanais inséparable de Lefaix, convaincu de prendre l’histoire genôte en marche ; Lamy, ancienne connaissance niortaise et transfuge du SCO d’Angers, les franciliens Seka (ESSG) et Marie (Red Star), le guingampais Djoman. Et puis, comme il reste de l’oseille, Kévin Das Neves est venu dans la semaine renforcer le secteur défensif. Le Poiré a faim de points et n’a pas perdu pour autant son appétit en dépit des occasions perdues. Tant qu’il y a de la Vie, il y a de l’espoir ! Les vendéens descendent donc sans complexes dans les Deux-Sèvres à la poursuite de nouveaux points.


    Challenge difficile face à des chamois maîtres du terrain et adroits dans l’art du but en ce début de saison. Niort a passé 6 buts à ses deux premiers adversaires à René Gaillard, le GFCO Ajaccio et Luzenac, en décoinçant très vite la situation lors des premières mi-temps. Si Durak est à l’intro et à la conclusion, Roye, Diaw ou Gastien s’attachent au développement sans hors sujet pour l’instant. Alors, arrêtons de disserter. L’exercice de style a lieu demain soir sur le terrain à 20h00 au stade René Gaillard, ni avant ni après !


    Allez Chamois !

    [ Le Chroniqueur ]